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01/06/2016 14:02 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

EXCLUSIF - Trois semaines après la mort de son bébé, elle ne touche aucune assurance-emploi

Fabienne Lachapelle et Jonathan Charbonneau prennent leur courage à deux mains pour raconter aujourd'hui ce qu'ils ont vécu, et dénoncer le manque d'humanité, selon eux, de la Loi fédérale sur l'assurance-emploi.

Un texte de Andréanne Apablaza

Ces parents vivent un enfer depuis le 11 mai dernier. Ce jour-là, leur jeune Caleb, 13 mois, perd la vie, étouffé avec sa nourriture dans un Centre de la petite enfant (CPE) du secteur d'Aylmer, à Gatineau. 

Le 11 mai, Fabienne Lachappelle reçoit un appel du CPE où se trouve son jeune garçon. Il s'est étouffé avec sa nourriture et a été transporté à l'hôpital.

Aujourd'hui, en plus de faire leur deuil, le couple doit se battre contre la bureaucratie.

Mme Lachapelle a épuisé ses congés de deuil et de maladie. Elle n'a accès à aucune prestation d'assurance-emploi.

Malgré qu'elle soit retournée au travail quelques semaines depuis la fin de son congé de maternité, le nombre d'heures travaillées depuis ne serait pas suffisant pour qu'elle soit admissible au programme.

Les parents du jeune Caleb déplorent le manque de compréhension de la Loi fédérale sur l'assurance-emploi.  

Une situation qui fait aussi rager une experte du droit familial. 

Kim Bouchard, avocate au Mouvement Action-Chômage de Montréal, estime que le gouvernement fédéral doit prolonger la période de référence ainsi que la période de prestation de l'assurance-emploi. « Les femmes en situation de maternité doivent être couverte par le régime adéquatement », dit-elle.

Le député de Pontiac, William Amos assure que la Loi sur l'assurance-emploi et le programme de congé parental sont en révision.

Le dossier de Mme Lachapelle n'est pas complet selon lui. Certains éléments restent à comptabiliser et pourraient changer la donne.

Accident

L'incident n'a pas fait l'objet d'une enquête criminelle. Les policiers ont rapidement déterminé qu'il s'agissait d'un bête accident.

C'est aussi l'avis des parents endeuillés. Ils n'en veulent pas aux éducatrices du CPE dans lequel se trouvait leur fils. « Au contraire, on les remercie pour tout ce qu'elles ont fait pour Caleb », affirme Mme Lachapelle.

Le couple a reçu plusieurs denrées qui leur ont permis de remplir leur congélateur. Il a aussi accepté des dons, permettant de payer les frais des services funéraires. 

Un groupe d'une quarantaine de mères se mobilise sur Internet pour amasser des fonds en soutien à la famille.

D'après les informations de Mathieu Nadon et Jérémie Bergeron