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01/06/2016 02:29 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Sur les traces de... Lewandowski, buteur né dans la poussière

"Le terrain de jeu et d'entraînement, c'était de la terre battue et du sable. Le plus petit, au milieu, c'est Robert Lewandowski", montre fièrement sur une photo Krzysztof Sikorski, son premier entraîneur au Varsovia, club pour enfants et adolescents de la capitale polonaise.

"C'était un concours de circonstances. Nous venions d'ouvrir une classe pour garçons de 1988. Le père de Robert était supporteur du club Polonia, nos adversaires de l'autre côté de la rue, mais à l'époque, ils ne prenaient pas de gosses de cet âge alors il s'est tourné vers nous pour le premier entraînement de son fils", raconte M. Sikorski, aujourd'hui à la tête de ce club. Dans ses mains, l'album rempli de vieux clichés consacrés à l'équipe dans laquelle a débuté en 1997 le futur pilier de la sélection polonaise et futur crack du Bayern Munich.

"Robert était menu, mince, le plus petit du groupe, mais avec le coeur le plus grand et le plus grand talent, le plus malin de tous. Ça se voyait depuis le début", sourit le vieil entraîneur qui a accompagné le joueur jusqu'à l'âge de 17 ans.

Varsovia est alors un petit club inter-scolaire, créé à la fin des années 1950, disposant d'infrastructures plus que rudimentaires, avec terre battue et sable en guise de terrains. "Au printemps et à l'automne c'était tragique, il fallait sans arrêt le niveler. Quand il faisait chaud, on l'arrosait pour réduire la poussière mais dès que ça séchait au soleil, ça remontait en nuage. Après chaque match, les garçons étaient tout noirs", se souvient M. Sikorski.

- "Un coup fumant" -

Le club n'a pas de salle pour les entraînements en hiver. Les garçons jouent dans la neige ou on loue des salles dans d'autres clubs de la capitale.

Aujourd'hui, la terre battue a laissé la place à une pelouse synthétique confortable mais le projet de couvrir le terrain pour l'hiver attend toujours son heure, et des sponsors...

"Au départ, on pensait que ce serait juste une classe d'entraînement. Mais rapidement on a vu que c'était une bonne équipe alors on les a inscrits en compétition. C'était un coup fumant! Ils ont toujours remporté des médailles", sourit M. Sikorski.

En 2002, les garçons partent pour un tournoi en Allemagne. Robert voit alors pour la première fois le stade de Bayern Munich, son futur stade.

"Les garçons n'en revenaient pas de voir ces beaux terrains de jeu, ces vestiaires, ces équipements... un stade de rêve", sourit l'homme qui a longtemps été leur troisième parent.

- "Aime le ballon, comme Lewandowski" -

Depuis tout petit, Robert dit qu'il jouera dans la sélection nationale, qu'il sera le meilleur.

Machine à marquer dès son plus jeune âge, Lewandowski intègre à 17 ans l'équipe réserve du plus grand club de la capitale, le Legia Varsovie, mais se fait écarter du groupe pour manque de résultats.

"Il l'ont remercié en disant qu'il était trop faible, trop délicat... Robert a failli alors sombrer dans la dépression mais eux, ils doivent le regretter toujours", estime M. Sikorski.

Sa carrière prend son envol lorsqu'il arrive au Lech Poznan, en 2008, avant de filer en Allemagne, à Dortmund puis au Bayern Munich où il devient le meilleur buteur de la Bundesliga.

Tomasz Dabrowski a 12 ans. Depuis six ans, ce fan de Lewandowski, mordu de foot, fait partie de 700 enfants et adolescents inscrits au Varsovia.

"Pour être comme Lewandowski, il faut travailler dur pendant les entraînements, il faut se concentrer avant chaque match, et puis jouer le mieux possible", dit avec conviction ce jeune talent.

Krzysztof Sikorski a encore un conseil à donner à tout adepte du Varsovia: "Aime le ballon, comme Lewandowski, et le ballon t'aimera aussi".

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