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01/06/2016 12:04 EDT | Actualisé 01/06/2016 12:11 EDT

Côte-Nord : 2500 travailleurs d'ArcelorMittal pourraient perdre leur emploi d'ici 2030 (VIDÉO)

ArcelorMittal envisage de cesser ses activités sur la Côte-Nord d'ici 2030. La compagnie justifie cette décision en raison de la baisse du prix du fer et du coût d'exploitation. Plus de 2500 emplois sont menacés dans la région.

Un texte d'Alix-Anne Turcotti

La direction d'ArcelorMittal a tenu plusieurs rencontres lundi et mardi avec les cadres et les représentants syndicaux des installations de Port-Cartier et de Fermont pour leur faire part de ses intentions.

Le porte-parole d'ArcelorMitall, Paul Wilson, précise que pour le moment cette décison n'est pas définitive. La compagnie est toujours en recherche de financement pour poursuivre ses activités comme prévu.

«On est en discussion avec le gouvernement sur différents dossiers depuis un an. Il faut faire tous les efforts nécessaires pour réduire les coûts.»

- Paul Wilson, porte-parole d'ArcelorMittal

Selon le coordonnateur du syndicat des Métallos, Nicolas Lapierre, la compagnie renoncerait à développer de nouvelles fosses dans la région de Fermont et entend réduire progressivement ses activités à partir de 2022.

« Le développement de la fosse au mont Wright était vital pour la pérennité de la mine. Hier, ArcelorMittal, pour des questions de coûts, nous a expliqué que c'était une décision d'affaires, que le développement de cette fosse était mis en veilleuse jusqu'à nouvel ordre », explique-t-il.

Le représentant syndical veut rester positif et estime que la situation peut changer d'ici 2020 en fonction du marché du fer, mais tire tout de même la sonnette d'alarme.

«C'est majeur. On ne peut pas perdre un projet comme ça.»

- Nicolas Lapierre, coordonnateur ches les Métallos

Conséquences pour Fermont et Port-Cartier

ArcelorMittal emploie au total 2500 travailleurs à Fermont et à Port-Cartier.

La mairesse de Port-Cartier, Violaine Doyle, estime que c'est une mauvaise nouvelle pour sa ville.

violaine doyle

Violaine Doyle, la mairesse de Port-Cartier

«Je reste optimiste. ArcelorMittal cherche toujours un moyen de s'entendre avec le gourvernement.»

- Violaine Doyle, mairesse de Port-Cartier

La compagnie est l'employeur principal de la ville de Fermont, dont l'économie repose essentiellement sur l'exploitation minière. La mine du mont Wright est située à 17 km à l'ouest de la ville, qui compte 2800 habitants.

La réaction du gouvernement

De son côté, le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, s'est fait prudent quant à une éventuelle aide du gouvernement.

«Il faut faire attention, il ne faut pas se substituer à l'entreprise privée. C'est clair qu'on n'a pas l'intention d'intervenir dans des bas de cycles.»

- Luc Blanchette, ministre délégué aux Mines

À savoir :

Ce n'est pas la première fois que les activités minières à Port-Cartier et à Fermont sont menacées. En 2003, Québec avait accordé une subvention de 206 millions de dollars pour permettre à l'ancien propriétaire des installations de survivre

arcelormittal

À l'usine d'ArcelorMittal de Port-Cartier, le minerai concentré est aggloméré en boulettes qui seront tamisées avant d'être cuites.

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