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01/06/2016 06:22 EDT | Actualisé 02/06/2017 01:12 EDT

Accusés de "terrorisme", quatre Tatars de Crimée se disent innocents

Quatre Tatars de Crimée accusés d'appartenir à une "organisation terroriste" islamiste ont refusé mercredi de reconnaître leur culpabilité, lors de la reprise de leur procès devant un tribunal militaire de Rostov-sur-le-Don, dans le sud de Russie, a annoncé leur avocate.

Les quatre hommes, accusés d'appartenir à une cellule locale du mouvement islamiste Hizb ut-Tahrir (Parti de la Liberté), interdit en Russie depuis 2003, "ne reconnaissent pas leur culpabilité", a indiqué à l'AFP leur avocate Oksana Jelezniak.

Les Tatars de Crimée, qui professent un islam modéré, se sont largement opposés à l'annexion par Moscou en mars 2014 de cette péninsule ukrainienne et ils subissent depuis une forte pression de la part des autorités russes.

Le Medjlis, une assemblée communautaire représentant les Tatars de Crimée, soit 12 à 15% de la population de la péninsule, a été qualifiée fin avril d'"organisation extrémiste" par la justice russe, une décision vivement critiquée par Kiev et les Occidentaux.

L'organisateur présumé du groupe est accusé d'"avoir diffusé de la propagande et incité la population à participer aux activités du groupe", a indiqué à l'AFP la porte-parole du tribunal, Aliona Katkalo.

Accusé d'avoir organisé des cellules du Hizb ut-Tahrir dans trois villages en mars 2014, dans le but d'établir "un régime islamiste" en Crimée, il risque jusqu'à 20 ans de prison. Ses co-accusés sont passibles d'une peine allant jusqu'à 10 ans de détention.

Le Hizb ut-Tahrir, qui se dit non-violent et affirme vouloir atteindre ses objectifs par des moyens pacifiques, cherche à établir un califat dans les régions musulmanes de Russie et dans les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale.

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