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31/05/2016 04:21 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Turquie : arrestations et rassemblements interdits pour l'anniversaire de la fronde anti-Erdogan

La police d'Istanbul a arrêté plusieurs activistes mardi, jour du troisième anniversaire de la fronde antigouvernementale visant le régime islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan.

Comme c'est désormais systématiquement le cas, le gouvernement a interdit tout rassemblement autour de l'emblématique place Taksim d'Istanbul, le point de départ de la révolte du printemps 2013, alors qu'une manifestation était prévue dans la soirée.

Dès les premières heures de la matinée, des centaines de policiers ont commencé à investir Taksim avec la consigne d'y empêcher tout rassemblement, a constaté l'AFP.

Des barrières métalliques ont été mises en place pour empêcher la circulation des piétons dans cette zone.

C'est dans le petit jardin public Gezi qu'est née la vague de contestation contre le régime de M. Erdogan, qui règne sans partage sur le pays depuis 2003, d'abord à la tête de l'exécutif puis président depuis 2014.

Par ailleurs, la police a fait irruption mardi dans les locaux de la chambre d'architectes d'Istanbul, très active lors de la fronde, et interpellé 16 personnes, a-t-on appris auprès de leurs représentants.

Un photographe de l'AFP les a vues être conduites à un poste de police mais on ignorait dans l'immédiat si leur arrestation avait un lien avec cet anniversaire.

Au petit matin du 31 mai 2013, la police avait violemment délogé du parc quelques centaines de militants écologistes qui s'opposaient à sa destruction prévue dans le cadre d'un projet de réaménagement de la place Taksim.

Cette intervention avait nourri une vague de contestation politique sans précédent de trois semaines contre le régime de M. Erdogan.

Violemment réprimées sur ordre de M. Erdogan, ces manifestations ont fait au moins huit morts, plus de 8.000 blessés et des milliers d'arrestations, soulevant des protestations européennes.

Ce troisième anniversaire survient au lendemain d'une déclaration de l'homme fort de la Turquie qui a critiqué la France sur les violences policières lors du conflit social qui agite ce pays.

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