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31/05/2016 06:19 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Steinmeier juge contreproductif d'évoquer un "plan B" en cas de Brexit

Des discussions sur un éventuel "Plan B" en cas de vote en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE le mois prochain sont contreproductives, a estimé mardi le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

Interrogé sur des informations de presse sur des efforts menés en coulisses par l'Allemagne et la France pour préparer un plan conjoint concernant l'avenir de l'UE après le referendum britannique du 23 juin, M. Steinmeier s'est défendu de toute forme d'ingérence.

"Cette décision appartient vraiment à la Grande-Bretagne et nous ne pouvons exercer notre influence dessus, nous ne devons pas le faire en présentant des propositions imaginaires concernant l'avenir de l'Union européenne", a-t-il affirmé.

Discuter d'un éventuel plan, c'est faire "des spéculations qui pourraient avoir une influence indésirable sur la préparation du référendum britannique", a-t-il encore ajouté.

M. Steinmeier a rappelé combien Berlin soutenait le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE. "Plus nous sommes confrontés aux problèmes de ce 21e siècle qu'aucun pays n'est en mesure de résoudre seul, plus il apparaît de l'intérêt de la Grande-Bretagne d'être représentée au sein d'une communauté d'Etats", a-t-il souligné, estimant qu'un Brexit pouvait créer "une dynamique négative" dans l'UE.

"Il est difficile d'imaginer que les choses puissent continuer comme si de rien n'était dans une Union européenne à 28 moins un, en cas de virage aussi spectaculaire", a jugé le ministre.

L'UE fait aujourd'hui face à plusieurs situations d'urgence qui menacent fortement sa cohésion: la crise migratoire, le dossier grec dont la situation financière et économique demeure très fragile et donc, la possibilité que la Grande-Bretagne devienne le premier pays de l'UE à décider d'en sortir.

Alors que l'UE martèle qu'il n'y a pas de "plan B", des responsables de plusieurs pays majeurs comme la France, l'Allemagne et l'Italie se sont réunis discrètement à Bruxelles la semaine passée pour évoquer les conséquences du vote en Grande-Bretagne, ont affirmé des sources européennes à l'AFP.

Paris et Berlin ont déjà commencé à poser les jalons d'une initiative commune, selon une source diplomatique. Ce projet conjoint porterait sur la sécurité, mais donnerait aussi des perspectives pour la jeunesse, et ne serait pas limité à la zone euro, a-t-on ajouté de même source.

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