NOUVELLES
31/05/2016 08:08 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Roméo Dallaire dénonce l'inaction du monde face au «génocide syrien»

OTTAWA — Le général à la retraite Roméo Dallaire estime qu'on assiste présentement en Syrie à un génocide semblable à celui qu'il a connu au Rwanda, et il croit que la communauté internationale n'en fait pas assez pour mettre fin à ce massacre.

M. Dallaire, qui a aussi été sénateur libéral, fait partie d'une délégation venue sur la colline du Parlement documenter, photos à l'appui, les atrocités commises contre des civils dans les prisons syriennes du président Bachar el-Assad.

Naomi Kikoler, directrice adjointe du Centre Simon-Skjodt pour la prévention des génocides, à Washington, estime que la communauté internationale doit faire pour les Syriens ce qu'elle n'a pas su faire pour les Juifs lors de l'Holocauste au XXe siècle.

M. Dallaire rappelle qu'il a vu de ses yeux des enfants être recrutés dans des camps de réfugiés en Jordanie pour aller se battre en Syrie, à l'image de ce qu'il avait constaté en 1994 lors du génocide du Rwanda, qui a fait des centaines de milliers de morts.

Le général à la retraite, qui a «serré la main du diable», pour reprendre le titre de son livre témoignage au Rwanda, croit que la communauté internationale doit conclure un accord de paix très strict pour mettre fin à la guerre civile en Syrie. Le sous-titre de son livre «J'ai serré la main du diable» était d'ailleurs «La faillite de l’humanité au Rwanda».

Le conflit en Syrie dure depuis cinq ans et a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

M. Dallaire a été le commandant des casques bleus que les Nations unies avaient déployés au Rwanda pour tenter — vainement — de maintenir la paix dans ce pays. Depuis ce génocide meurtrier, il fait campagne sans relâche pour la prévention des conflits et contre l'utilisation des enfants soldats. Il a d'ailleurs démissionné de son poste au Sénat en 2014, après neuf ans, pour se consacrer à ces causes humanitaires. Il oeuvre notamment à l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits humains, de l'Université Concordia.