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31/05/2016 13:22 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

MTQ: le PQ souhaite entendre le dirigeant de l'UPAC en commission parlementaire

QUÉBEC — Le Parti québécois souhaite convoquer le dirigeant de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) concernant des allégations d'irrégularités au ministère des Transports (MTQ) constatées par l'ex-ministre Robert Poëti.

Le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, a écrit au MTQ la semaine dernière pour indiquer qu'il sera impossible de transmettre certaines informations aux députés membres de la commission de l'administration publique (CAP).

Cette commission de l'Assemblée nationale souhaitait prendre connaissance de documents colligés par une analyste choisie par M. Poëti afin de vérifier les pratiques du MTQ dans l'octroi de contrats.

Le 27 mai, M. Lafrenière a écrit que l'UPAC refusait que ces documents, en sa possession depuis le 10 mai, soient remis aux députés, afin d'empêcher toute entrave à une éventuelle enquête.

En Chambre, mardi, le chef intérimaire péquiste Sylvain Gaudreault a demandé aux libéraux d'appuyer une motion qui doit être débattue par la CAP afin que M. Lafrenière soit entendu à huis clos.

Selon M. Gaudreault, cette façon de procéder permettrait aux parlementaires de prendre connaissance des renseignements rassemblés sur une clé USB par l'analyste Annie Trudel.

«On a proposé à la CAP de recevoir à huis clos le commissaire de l'UPAC qui pourrait présenter aux députés les documents en toute confidentialité, et ce, sans nuire aux enquêtes, et il y a des précédents même en cette matière», a-t-il dit.

Le premier ministre Philippe Couillard a invoqué le principe de séparation des pouvoirs en répondant à M. Gaudreault.

«La commission décidera de sa conduite, c'est à elle de le faire de façon souveraine, mais il n'est pas question d'aller dire à l'UPAC quoi faire ni de compromettre quoi que ce soit», a-t-il dit.

M. Couillard a déposé en Chambre une lettre de M. Lafrenière, qui explique son refus de transmettre les renseignements attendus des députés.

«Le contenu de la clé USB constitue une dénonciation qui est présentement en enquête par des membres de mon personnel afin de déterminer les suites à lui donner, a-t-il écrit. Dans ce contexte, le commissaire à la lutte à la corruption doit refuser de donner communication d'un renseignement contenu dans un document qu'il détient dans l'exercice d'une fonction.»

M. Poëti a plongé son gouvernement dans l'embarras, la semaine dernière, en affirmant qu'il aurait souhaité poursuivre le ménage au MTQ avant d'être écarté de ses fonctions ministérielles, lors d'un remaniement en début d'année.

Ses déclarations ont mené au départ de la sous-ministre du MTQ, Dominique Savoie, et du directeur de cabinet de l'actuel ministre des Transports.

Mme Savoie a affirmé devant la CAP, il y a deux semaines, que cette clé USB contenait «beaucoup de listes de contrats, beaucoup de résumés, des présentations à la commission Charbonneau, des tableaux de suivi de certaines choses».

L'ex-sous-ministre avait affirmé qu'il fallait d'abord vérifier auprès de l'UPAC ce qui pourrait être remis aux membres de la CAP.