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31/05/2016 07:57 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Libye: deux villes reprises à l'EI dans la région de Syrte (GNA)

Les forces du gouvernement libyen d'union nationale (GNA) ont annoncé mardi avoir pris le contrôle des villes côtières de Ben Jawad à 160 km et Nofliya à 127 km à l'est de Syrte, fief libyen du groupe Etat islamique (EI).

"Les Gardes des installations pétrolières, sous le commandement du ministère de la Défense du GNA, sont entrés dans Ben Jawad" et en ont chassé les combattants de l'EI, a indiqué à l'AFP un responsable au centre de communication de ces forces de sécurité qui viennent de se rallier au GNA.

Mardi, ces forces ont pu avancer en direction de Syrte et libérer une deuxième ville.

"La totalité de la petite ville de Nofliya a été libérée mardi des mains de Daech" (acronyme arabe de l'EI)", a déclaré Ali al-Hassi, porte-parole des gardes des installations pétrolières. "Nous sommes entrés dans Nofliya. Nous avons un mort et trois blessés", a-t-il dit à l'AFP.

Lundi, les affrontements entre les forces des Gardes des installations pétrolières et les jihadistes de l'EI autour de Ben Jawad avaient fait cinq morts et 18 blessés, selon le colonel Bachir Bouthefira, commandant du secteur militaire où se sont déroulé les combats.

"Nos forces ont pris le contrôle de Nofliya et avancent maintenant vers Harawa" à environ 75 km à l'est de Syrte, a indiqué mardi le colonel Bouthefira.

D'autre part, le GNA a annoncé dans un décret la mise en place d'une "Cellule spéciale pour le commandement des opérations militaires dans la zone du Croissant pétrolier, allant d'Ajdabia à Syrte, contre l'organisation Etat islamique".

La Libye dispose des réserves pétrolières les plus importantes d'Afrique, estimées à 48 milliards de barils. Sa production était estimée à 1,6 million b/j en 2011 mais a chuté d'un tiers depuis.

L'EI a mené depuis janvier plusieurs attaques contre les ports et terminaux pétroliers de la région du Croissant pétrolier, particulièrement ceux de Ras Lanouf et al-Sedra.

Les forces armées du gouvernement d'union et du gouvernement rival basé dans l'est du pays, fidèles au général Khalifa Haftar, sont actuellement engagées dans une course pour être les premières à chasser l'EI de Syrte.

Cette concurrence est mal perçue par la communauté internationale car elle risque de mettre en péril les efforts de lutte contre les jihadistes de l'EI, dont la menace se fait grandissante en Libye depuis leur implantation dans ce pays fin 2014.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye a d'ailleurs appelé mardi les deux armées libyennes à "s'unir" contre l'EI, "l'ennemi numéro 1".

Ce "doit être un combat libyen et un combat uni", a dit Martin Kobler à l'issue d'un entretien à Paris avec le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault. "Il faut une structure commune, une armée commune, un commandement général".

Nouvel exécutif libyen soutenu par les Nations unies, le GNA est basé à Tripoli depuis deux mois et peine actuellement à asseoir son autorité sur un pays miné par les divisions et les violences depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le GNA a récemment exhorté la communauté internationale à lever l'embargo sur les armes à destination de la Libye, imposé par l'ONU depuis 2011, afin d'équiper ses forces pour combattre l'EI.

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