NOUVELLES
31/05/2016 07:59 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Le chef de l'Office antifraude poursuit l'exécutif européen devant la justice de l'UE

Le directeur général de l'Office européen de lutte contre la fraude (Olaf), Giovanni Kessler, a annoncé mardi avoir engagé une action devant la justice européenne pour faire annuler la décision de la Commission européenne de lever son immunité diplomatique.

Cette levée était consécutive à une enquête de l'Olaf ayant conduit à la démission en octobre 2012 du commissaire européen à la Santé John Dalli et au cours de laquelle M. Kessler est soupçonné de s'être appuyé sur des écoutes téléphoniques illégales au regard du droit belge.

"J'ai décidé de porter l'affaire devant la Cour européenne de justice. Maintenant, c'est dans les mains des juges européens", a dit M. Kessler, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles.

Il a estimé que la décision de la Commission de lever son immunité "mettait en danger son indépendance et celle de l'Olaf" et que cela risquait de "créer un précédent qui pourrait affecter la capacité d'investigation de l'Olaf".

La levée de l'immunité diplomatique de M. Kessler, ancien procureur antimafia en Sicile et directeur général de l'Olaf depuis 2011, a ouvert la voie à son audition par la justice belge.

En octobre 2012, le Maltais John Dalli avait été poussé à la démission par le président de la Commission européenne de l'époque, José Manuel Barroso, après sa mise en cause par l'Olaf pour trafic d'influence présumé lié à l'industrie du tabac.

Depuis, John Dalli avait clamé son innocence, affirmant avoir été victime d'un "complot fomenté par la Commission et l'industrie du tabac" au moment où il s'apprêtait à renforcer la législation antitabac, et porté plainte contre X pour éclaircir les conditions de sa mise en cause par l'Olaf. Ce qui a poussé la justice belge à demander la levée de l'immunité diplomatique de Giovanni Kessler afin de pouvoir l'entendre.

L'Olaf a pour mission de mettre au jour les fraudes relatives à des fonds de l'UE. Dans son rapport annuel paru mardi, l'Office a écrit avoir découvert des fraudes d'un montant total de 888 millions en 2015.

lc-clp/cds/bds