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31/05/2016 12:53 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Le bilan des déplacés en Afghanistan s'élève à 1,2 million, selon AI

KABOUL — Amnistie Internationale (AI) a indiqué mardi que plus de 1,2 million d'Afghans avaient fui les violences au cours des trois dernières années. L'organisation presse le gouvernement de Kaboul et la communauté internationale d'intervenir face à la crise grandissante de réfugiés internes déplacés par la guerre.

Le bilan continue de s'alourdir alors que la guerre en Afghanistan, qui dure depuis maintenant 15 ans, s'intensifie, selon un rapport rendu public à Kaboul par le groupe de défense des droits de l'Homme. Plusieurs des déplacés internes vivent dans d'horribles conditions et se retrouvent à la limite de la survie, indique-t-on dans le document.

Les talibans font la guerre au gouvernement afghan depuis que leur régime a été renversé par l'invasion des États-Unis en 2001. Avec le retrait de la plupart des troupes de combat internationales en 2014, l'insurrection a pris de l'ampleur. En 2015 seulement, 11 002 civils ont été tués ou blessés, la plupart par des groupes d'insurgés, selon les Nations unies.

Le gouvernement afghan échoue à maintenir les réfugiés en sécurité, même dans les zones où la communauté internationale est présente, indique AI. Trois projets pilotes basés dans des provinces ravagées par le conflit se retrouvent en suspens, soit à Herat dans l'ouest du pays, à Balkh dans le nord et à Nangarhar à la frontière est.

Un chargé des communications du ministère afghan des Réfugiés, Hafiz Ahmad Miakhail, a contredit les chiffres avancés par Amnistie Internationale, précisant que le nombre total de déplacés se rapproche plutôt d'un million. Plusieurs seraient affectés, outre par la guerre, par des catastrophes naturelles telles que des inondations et des tremblements de terre.

Le directeur d'AI pour l'Asie du Sud répond qu'il n'y a aucun doute que «la résurgence des violences a fait grimper les déplacements internes».

«Nous n'avons pas d'eau à boire, pas de nourriture à manger, pas de système d'éducation et pas d'électricité», a raconté Hussain Samander, un réfugié qui habite dans le campement Chman-e Babrak, à Kaboul. «Personne ne peut imaginer à quel point la vie est difficile dans le camp», a-t-il ajouté.