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31/05/2016 08:20 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Kenya: pas de corruption autour d'un emprunt de 2,6 milliards d'euros, selon la justice

Après un an et demi d'enquête, le parquet kényan a annoncé mardi n'avoir trouvé "aucune preuve" de corruption ni de vol lors d'une émission obligataire de 2,6 milliards d'euros réalisée par le Kenya en 2014, sur laquelle la presse s'était interrogée.

"Je n'ai trouvé aucune preuve démontrant des actes criminels de la part de responsables du gouvernement", "aucune preuve qui pourrait mener à des poursuites", a déclaré dans un communiqué le directeur du ministère public kényan Keriako Tobiko, recommandant toutefois un audit officiel sur l'usage de l'argent.

L'enquête avait été ouverte en décembre 2015 après que des médias kényans avaient évoqué la possibilité qu'une partie de l'argent issu de l'émission de ces obligations avait été détournée. L'opposition avait alors reproché au gouvernement d'être incapable d'expliquer comment cet argent avait été utilisé.

Le ministre des Finances Henry Rotich a toujours maintenu que tout l'argent avait été dépensé dans le respect des règles comptables, mais n'a pas encore été en mesure d'en apporter la preuve.

Même en l'absence d'actes criminels, Keriako Tobiko a recommandé qu'un audit soit réalisé par le Contrôleur général du Kenya "afin de déterminer si l'utilisation de l'argent issu de l'émission obligataire a été prudente et si le gouvernement a réalisé de bonnes affaires en dépensant cet argent".

Le Kenya est confronté à de multiples scandales de corruption. En juillet 2015, un rapport du Contrôleur général avait jeté une lumière crue sur l'ampleur de la corruption qui gangrène le pays: à peine 1% des dépenses du gouvernement répondent aux règles comptables.

Confronté à une série de scandales au sein du gouvernement et des institutions, le président Uhuru Kenyatta a annoncé fin novembre une série de mesures destinées à lutter contre la corruption et démis de leurs fonctions cinq ministres soupçonnés d'être impliqués dans des affaires de corruption.

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