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31/05/2016 09:03 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Juncker se "fout" d'être critiqué pour ses propos sur le Brexit

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a confié mardi qu'il se "fout intégralement" d'être critiqué pour son avertissement aux partisans du Brexit, une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne à l'issue du référendum du 23 juin.

"A chaque fois que je m'exprime sur des débats intérieurs, on me dit que je n'aurais pas dû le faire et à chaque fois que je ne m'exprime pas sur les grands sujets européens lorsqu'ils sont devenus nationaux, on me critique de n'avoir rien dit", a-t-il observé.

"A vrai dire, je m'en fous intégralement", a-t-il enchaîné devant l'Association de la presse présidentielle (APP) française à Paris.

Dans une interview au quotidien français Le Monde le 20 mai, Jean-Claude Juncker avait prévenu les partisans d'un Brexit que l'Union européenne mènerait la vie dure au Royaume-Uni s'il la "désertait".

"Cela reflète non seulement la position de la Commission mais d'autres gouvernements", a-t-il souligné mardi.

M. Juncker a mis en avant la complexité de la tâche qui attendrait Londres en cas de Brexit, qui ira au-delà de la simple négociation pendant deux ans des "modalités de la sortie".

"Après ces deux années, nous négocierons les relations entre le Royaume Uni et l'UE à partir de zéro. Tout devra être revu et renégocié, non seulement en interne, mais le Royaume Uni à l'égard du reste de la planète puisque tous les accords commerciaux internationaux (au moins 52) ont été conclus au nom de l'Europe", a-t-il souligné.

Le président de la Commission s'est par ailleurs déclaré "très sceptique" sur l'idée de "lancer un processus de révision des traités" européens en cas de Brexit.

"Il vaudrait mieux que nous appliquions d'abord" les traités actuels, a-t-il expliqué. ll a mis en garde contre "un activisme non réfléchi" même si son "tempérament personnel" le conduirait plutôt "à lancer une vaste campagne pour approfondir davantage la construction européenne".

Quant à l'initiative franco-allemande que prépareraient le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel en cas de Brexit, elle laisse M. Juncker sur sa faim, même si il n'y est "pas opposé". "Il faudrait d'abord que le président français ne laisse pas cette idée au stade de squelette mais que l'idée prenne corps", a-t-il déclaré.

Jean-Claude Juncker estime qu'elle ne devrait pas être présentée comme telle "parce que contrairement à ce que peuvent penser les deux, cela ne conduirait pas au but" escompté.

"Pourquoi faudrait-il une initiative franco-allemande ? Pourquoi une initiative française ne serait pas la bienvenue ?", s'est-il encore interrogé. "Si la France agissait seule, elle pourrait dire tout ce qu'elle pense", a-t-il ajouté.

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