POLITIQUE
31/05/2016 04:05 EDT | Actualisé 31/05/2016 04:07 EDT

Jean Charest aimerait vraiment, VRAIMENT que le PQ continue à parler de souveraineté

CP

QUÉBEC – L’ex-premier ministre Jean Charest a ajouté son grain de sel à la course au Parti québécois lundi dans une entrevue accordée à la chaîne d’affaires Bloomberg TV Canada.

Celui qui est désormais associé de la firme McCarthy Tétrault s’est aussi prononcé sur l’aide financière du fédéral à Bombardier et la possibilité qu’il se lance dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada.

L’animatrice Pamela Ritchie a ouvert la conversation en affirmant que l’ex-chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, était «un modéré», une affirmation qui a fait sourire Jean Charest.

Pour l’ex-premier ministre libéral, la course à la direction du PQ peut se résumer à une seule question. «Le grand enjeu, LA question est : les candidats défendront-ils l’idée de tenir un référendum dans le prochain mandat ou de le repousser», a-t-il affirmé en anglais.

«Ils sont de retour où ils étaient il y a 40 ans, tranche Jean Charest. C’est la même chanson, le même album, le même thème.»

L’ex-chef libéral estime que le PQ pourrait bien perdre les prochaines élections s’il s’entête à parler de souveraineté. «Ça leur a nui dans la dernière campagne, a-t-il dit en rappelant le poing en l’air de PKP. C’est devenu la question de scrutin. Et si le PQ insiste pour que ce soit la question de scrutin, ça placera les libéraux dans une bien meilleure position pour gagner un autre mandat.»

Par ailleurs, Jean Charest a aussi été questionné sur l’aide financière d’Ottawa à Bombardier, qui se fait toujours attendre. Québec a déjà promis d’investir 1 milliard$US pour aider l’entreprise à développer la C Series.

L’hésitation du fédéral nuit à Bombardier, estime Jean Charest. «Une des choses qui m’inquiètent, avec le temps qui passe, certaines personnes à l’extérieur du Canada, des investisseurs de capitaux, commencent à se demander si le gouvernement fédéral hésite parce qu’il voit quelque chose qu’eux ne voient pas, dit-il. Le délai commence à faire mal à la compagnie.»

Il rappelle que les autres pays soutiennent également le développement de leur industrie aéronautique, en raison de l’importance des capitaux requis. De plus, le gouvernement doit protéger ces emplois bien rémunérés, estime-t-il.

«Il n’y a aucun doute dans mon esprit que le gouvernement du Canada devrait soutenir cette compagnie», a-t-il lancé sans détour.

Quant à savoir s’il pourrait se lancer dans la course à la succession de Stephen Harper, Jean Charest ferme la porte à double tour, cette fois. Dans une entrevue précédente, l’ex-premier ministre avait affirmé : «il ne faut jamais dire jamais».

«Ça m’a mis dans un tel pétrin que j’ai appris à dire que c’est un ‘non définitif’», lance-t-il aujourd’hui.

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