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31/05/2016 09:12 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

GB/UE: A Birmingham la cosmopolite, Farage fait campagne sur l'immigration

Sur fond de musique martiale, le chef du parti britannique anti-immigration Ukip, Nigel Farage, est entrée mardi dans la ville multi-ethnique de Birmingham à bord de son bus de campagne, en jurant de la délivrer de l'Union européenne.

"Votez pour le Brexit, votez pour retrouver notre pays!", lance-t-il en haranguant les chalands sur un marché du centre de cette ville au nord-ouest de l'Angleterre, debout sur la plateforme de son véhicule couleur pourpre. La sono déverse la musique du film américain culte sur la Seconde guerre mondiale, "La Grande évasion".

Dans la deuxième ville du pays, réputée comme étant l'une des plus cosmopolites -près de la moitié de sa population est composée de membres de minorités ethniques- son discours anti-immigration semble porter auprès des commerçant présents.

"La ville a complètement changé depuis cinq ans. Nous avons des soucis pour servir les gens car personne ne parle anglais", affirme Lynn Everett, 62 ans, qui tient un stand d'articles de sport.

"Ce n'est pas ce pour quoi nous avons voté", ajoute celle qui s'était prononcée pour l'appartenance à la Communauté économique européenne (CEE) en 1975.

Vêtu d'un costume en tweed, Nigel Farage se déplace entre les étals de fruits et légumes et ceux de vêtements sous les encouragements de ses supporters et les demandes d'autographes.

Ryan Tuckey, un jeune boucher de 26 ans, l'accueille avec enthousiasme.

"Le voilà, les gars! Viens, Nigel, crie-il, en essuyant ses mains couvertes de sang sur sa blouse blanche. "C'est un type fantastique" ajoute-t-il, après avoir posé avec lui pour une photo.

Lui aussi cite l'immigration comme son plus gros soucis.

"Au cours des dix-douze dernières années, on a vu un changement de fréquentation. Beaucoup d'Anglais ont peur de venir à Birmingham", selon lui.

Pour Nurul Sarder, un restaurateur bangladais de 43 ans venu faire ses emplettes, voter pour une sortie de l'UE lors du référendum du 23 juin, est "la dernière chance pour arrêter l'immigration dans ce pays".

- "Des cadavres sur nos plages" -

Alors que le solde migratoire a atteint un niveau record en 2015, alimenté en particulier par l'afflux d'Européens de l'Est, l'argument de l'immigration est la carte à jouer pour le camp du Brexit, selon les analystes.

"La seule chose qui mobilise les eurosceptiques plus que toute autre est leur inquiétude concernant l'immigration et ses conséquences", souligne Matthew Goodwin, de l'université du Kent.

Et Nigel Farage ne compte pas s'en priver. "Nous n'avons aucun contrôle sur qui vient, sur les problèmes rencontrés dans nos écoles et nos hôpitaux, et nos jeunes n'arrivent pas à se loger. Oui, Je pense qu'il faut en parler", dit-il à l'AFP.

Selon lui, le sauvetage au cours du week-end de 18 Albanais à bord d'un canot pneumatique dans la Manche illustre cette immigration hors de contrôle.

"Ces 18 Albanais doivent être renvoyés en France car sinon il y aura encore plus de gens qui viendront et nous commencerons à voir des cadavres sur nos plages", dit-il.

Selon la moyenne des derniers sondages réalisée par l'institut What UK thinks, les partisans du maintien dans l'UE disposaient mardi d'une légère avance avec 51% des intentions de vote, contre 49% pour ceux en faveur d'une sortie.

Mais selon Nigel Farage, la dynamique est dans son camp.

"Si vous allez voter et faites preuve de la même passion que j'ai vue ce matin, nous allons gagner ce référendum historique", lance-t-il à la foule en guise d'au revoir avant de plier bagage pour le Yorkshire, plus au nord, nouvelle étape de sa campagne mercredi.

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