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31/05/2016 04:15 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Egypte: le chef du syndicat de la presse et deux cadres devant la justice

Le président du syndicat égyptien des journalistes et deux collaborateurs seront jugés pour avoir abrité deux reporters recherchés par la police, ont indiqué mardi des sources concordantes, au moment où le pouvoir a récemment étendu la répression à la presse.

Des journalistes égyptiens avaient récemment manifesté pour protester contre "un recul" de la liberté de la presse, trois ans après que le président Abdel Fattah al-Sissi a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi et lancé une implacable répression contre toute opposition.

Le président du syndicat Yehya Kallache, le secrétaire général de l'organisation Gamal Abdelrahim et le chef de sa commission des libertés Khaled Elbashy ont été libérés sous caution tard lundi soir, après plus de 24h de garde à vue, a indiqué à l'AFP l'avocat de M. Elbalshy, Karim Abdelrady.

Tous trois sont accusés d'avoir "abrité des fugitifs" et leur procès s'ouvrira samedi, selon l'avocat et des responsables du parquet.

Ils sont jugés à la suite d'un raid sans précédent de la police début mai contre le syndicat des journalistes, qui avait permis l'arrestation de deux reporters recherchés par les autorités et accusés d'avoir "incité à manifester".

Le président du syndicat avait dénoncé un régime "en guerre contre le journalisme", réclamant la démission du ministre de l'Intérieur.

Les trois responsables du syndicat avaient été convoqués dimanche après-midi dans le bureau du procureur du Caire, où ils ont été interrogés 12 heures durant. Ils sont toujours sous le coup d'une enquête pour "diffusion de fausses informations".

Ces trois arrestations constituent une "répression sans précédent pour la liberté de la presse" en Egypte et "l'attaque la plus flagrante contre ses médias depuis des décennies", estimait dimanche Amnesty international dans un communiqué.

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