POLITIQUE
31/05/2016 03:45 EDT | Actualisé 31/05/2016 03:46 EDT

Bombardier: le fédéral envoie un «drôle de signal», dit Jean Charest

L'hésitation du gouvernement Trudeau dans le dossier de l'aide financière à Bombardier envoie un "drôle de signal" aux investisseurs étrangers, estime l'ex-premier ministre québécois Jean Charest.

Étant donné que la demande de l'avionneur québécois a été soumise en décembre, M. Charest s'est demandé, mardi, au cours d'une entrevue avec La Presse Canadienne, pourquoi Ottawa mettait autant de temps à décider s'il appuyait ou non le programme des avions commerciaux CSeries.

Selon lui, Bombardier aurait reçu une réponse positive ou négative depuis longtemps si la multinationale se trouvait dans un pays appuyant largement son industrie aéronautique, comme la France.

Les actions à droit de vote multiple, qui permettent à la famille Beaudoin-Bombardier de contrôler 53,23 pour cent des droits de vote, figureraient parmi les points de désaccord entre Bombardier et le fédéral et aurait incité, selon divers médias, la multinationale à rejeter la première proposition d'aide présentée par Ottawa.

Sur la question du contrôle de l'entreprise, M. Charest ne croit pas qu'il y a matière à changer quoi que ce soit, estimant que les héritiers de Joseph-Armand Bombardier avaient prouvé leur attachement à leurs racines dans le passé, en prenant des décisions "canadiennes".

Compte tenu de l'importance du secteur aéronautique au pays - qui représente 180 000 emplois et une activité économique de 29 milliards $ - M. Charest croit qu'il est temps pour le gouvernement Trudeau d'emboîter le pas à l'État québécois, qui a injecté 1 milliard $ US dans la CSeries en échange d'une participation de 49,5 pour cent dans le programme.

"Si nous n'avions pas cette industrie au Canada, nous serions en train de nous battre pour attirer ces entreprises chez nous", explique-t-il.

Par ailleurs, l'ex-premier ministre dit ne pas se formaliser du fait que l'entente entre Bombardier (TSX:BBD.B) et le gouvernement Couillard ne soit pas encore finalisée, ce qui retarde le premier versement de 500 millions $ US à l'entreprise que doit faire le Québec.

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