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31/05/2016 07:48 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Belgique: le gouvernement "garde le cap" face aux grèves à répétition

Le Premier ministre belge, le libéral francophone Charles Michel, s'est engagé mardi à "maintenir son cap" et à poursuivre les réformes économiques de son gouvernement, malgré la multiplication des mouvements de grève et manifestations ces dernières semaines.

"Ne pas réformer, c'est s'appauvrir. Il est de la responsabilité du gouvernement de maintenir son cap et de poursuivre les réformes entamées", a indiqué dans un communiqué M. Michel, en réaction à la mobilisation des agents des services publics, qui menaient mardi une nouvelle journée d'actions contre sa politique économique et sociale.

"Nous restons ouverts au dialogue avec les partenaires sociaux", a assuré dans ce communiqué titré "Au travail!" le chef du gouvernement, à tête d'une coalition de quatre partis de droite, alors que les syndicats lui reprochent notamment d'avoir mis sous l'étouffoir la concertation sociale depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2014.

Les services publics, du ramassage des ordures aux transports en commun, étaient perturbés mardi en raison d'un appel à la grève des syndicats, une semaine après une manifestation qui avait rassemblé 60.000 personnes à Bruxelles le 24 mai.

Quelque 7.500 personnes, dont des enseignants, des gardiens de prison et des policiers, ont à nouveau manifesté mardi dans le centre de Bruxelles, selon la police, tandis que des rassemblements de moindre ampleur se sont déroulés dans plusieurs villes de province.

"On est là pour que le gouvernement prenne conscience qu'il prend un mauvais virage et que ça peut dégénérer. Je suis aussi là en solidarité avec les gardiens de prison", en grève en Wallonie et à Bruxelles depuis cinq semaines, a déclaré à l'AFP l'un des protestataires, El-Ibrahimi Ismael, un gardien de la paix de 51 ans.

Dans son communiqué, Charles Michel a à nouveau justifié sa politique, expliquant que les "réformes sur le marché du travail permettent de rendre" le pays "plus attractif pour les investisseurs" et, dès lors, de "créer de l'emploi". Il a averti que "le chemin est encore long", en soulignant que les attentats du 22 mars (32 morts) avaient "fait du tort" à l'économie belge.

Les cheminots francophones, qui bloquent le rail en Wallonie (sud) depuis une semaine pour protester contre la suppression de jours de récupération, devraient poursuivre leur mouvement jusqu'à au moins vendredi.

La grève perturbait à des degrés divers les transports en commun mardi, tant en Flandre (nord) qu'en Wallonie et à Bruxelles.

Des "piquets" de fonctionnaires syndiqués, rejoints par des agents pénitentiaires ou encore des ouvriers de la sidérurgie, empêchaient notamment l'accès à plusieurs bâtiments du service public de l'emploi et de la formation en Wallonie ou d'un centre de tri postal de la région de Liège, selon Belga.

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