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31/05/2016 13:42 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Bahreïn libère une opposante emprisonnée avec son jeune enfant

Le parquet de Bahreïn a annoncé mardi la libération "pour des raisons humanitaires" de l'opposante Zaïnab al-Khawaja, emprisonnée depuis le mois de mars avec son enfant âgé d'un an et demi.

Les Etats-Unis, dont le siège de la Ve Flotte est à Bahreïn et qui gardent un oeil sur le dossier des droits de l'homme dans ce petit royaume du Golfe, ont salué cette libération, tout en fustigeant en revanche la condamnation la veille du chef de l'opposition chiite.

Mme Khawaja, qui détient aussi la nationalité danoise, a bénéficié d'une "suspension de l'application de sa peine" et elle a été "remise en liberté", a déclaré le premier procureur du ministère public Abderrahman al-Sayed, cité par l'agence officielle BNA.

Sa libération a été saluée par sa famille.

"Zaïnab a officiellement quitté la prison et elle est en route pour retrouver sa maison et ses enfants", a tweeté sa soeur, Maryam. Leur père, Abdel Hadi al-Khawaja, purge lui une peine de prison à vie pour complot contre l'Etat.

L'opposante avait été condamnée en décembre 2014 à une peine de trois ans de prison pour "insulte au roi". Elle avait déchiré le portrait du souverain de Bahreïn dans un tribunal.

En octobre dernier, sa condamnation avait été réduite en appel à un an de prison et à une amende de 3.000 dinars (environ 7.000 euros). Mais elle avait écopé de deux autres condamnations pour avoir "insulté" un officier de police et déchiré un autre portrait du souverain, selon le centre du Golfe pour les droits de l'homme.

Sa peine totale était donc de trois ans et un mois et elle avait été incarcérée le 14 mars avec son enfant de 16 mois, qu'elle tenait à garder avec elle en prison.

Une autre femme, détenue également avec son enfant de quatre ans et identifiée comme étant Arina Bajtova, a été aussi libérée mardi, a indiqué M. Sayed sans préciser sa nationalité, ni les raisons ou la durée de son incarcération.

Les deux détenues ont été remises en liberté pour "des considérations humanitaires et dans l'intérêt de leur enfant", a-t-il ajouté.

Le cas de Mme Khawaja avait été soulevée début avril lors d'une conférence de presse à Manama du secrétaire d'Etat américain John Kerry, aux côtés de son homologue bahreïni cheikh Khaled ben Ahmed Al Khalifa.

A Washington, le département d'Etat a salué "la nouvelle" de sa libération.

L'ONG américaine Human Rights First s'en est aussi félicitée, tout en jugeant qu'il n'y avait "pas d'avancée majeure pour les droits de l'homme". "Si le gouvernement bahreïni était intéressé par de véritables réformes, il organiserait immédiatement une libération en masse des prisonniers politiques", a dénoncé l'organisation.

Petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite, Bahreïn demeure fortement divisé depuis la répression par les autorités en février 2011 d'un mouvement de contestation animé par la majorité chiite qui réclame une monarchie constitutionnelle.

Depuis, des dizaines de personnes, dont des opposants, ont été jugées et condamnées à de lourdes peines de prison, notamment pour violences ou critiques contre le pouvoir.

Lundi, le chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, a été condamné en appel à neuf ans de prison pour incitation à la désobéissance et complot contre l'Etat, un jugement plus dur que les quatre ans de prison prononcés en première instance.

Le département d'Etat s'est insurgé contre cette condamnation, réclamant au "gouvernement de Bahreïn de respecter et de protéger la liberté d'expression, d'abandonner les poursuites contre cheikh Ali Salmane et de le libérer".

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