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31/05/2016 07:05 EDT | Actualisé 01/06/2017 01:12 EDT

Bahreïn: libération d'une opposante détenue avec son enfant (parquet)

Le parquet de Bahreïn a annoncé mardi la libération "pour des raisons humanitaires" de l'opposante Zaïnab al-Khawaja, emprisonnée avec son enfant depuis mars.

Mme Khawaja, qui porte aussi la nationalité danoise, a bénéficié d'une "suspension de l'application de sa peine" et elle a été "remise en liberté", a déclaré le premier procureur du ministère public Abderrahman al-Sayed, cité par l'agence officielle Bna.

Sa libération a été saluée par sa famille. "Zaïnab a officiellement quitté la prison et elle est en route pour retrouver sa maison et ses enfants", a écrit sa soeur, Maryam, sur Twitter.

L'opposante a été condamnée en décembre 2014 à une peine de trois ans de prison pour "insulte au roi". Elle avait déchiré le portrait du souverain de Bahreïn dans un tribunal.

En octobre 2015, la Cour d'appel avait réduit sa sentence à un an de prison et une amende de 3.000 dinars (environ 7.000 euros). Mais elle a écopé de deux autres condamnations pour avoir "insulté" un officier de police et déchiré un autre portrait du souverain, selon le Centre du Golfe pour les droits de l'Homme. Sa peine totale est de trois ans et un mois.

Elle a été incarcérée le 14 mars en compagnie de son enfant de 16 mois, qu'elle a tenu à garder avec elle en prison.

Une autre femme, détenue également avec son enfant de 4 ans et identifiée comme étant Arina Bajtova, a été elle aussi libérée mardi, a indiqué M. Sayed sans préciser la nationalité de cette femme, ni les raisons ou la durée de son incarcération.

Les deux détenues ont été remises en liberté pour "des considérations humanitaires et dans l'intérêt de leur enfant", a-t-il ajouté.

Le père de Zaïnab, Abdel Hadi al-Khawaja, purge lui une peine de prison à vie pour complot contre l'Etat.

Petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite et siège de la Ve flotte américaine, Bahreïn demeure fortement divisé, depuis la répression par les autorités en février 2011 d'un mouvement de contestation animé par la majorité chiite qui réclame une monarchie constitutionnelle.

Depuis, des dizaines de personnes dont des opposants politiques ont été jugés et condamnés à de lourdes peines de prison notamment pour violences ou critiques contre le pouvoir.

Lundi, le chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, a été condamné en appel à 9 ans de prison pour incitation à la désobéissance et complot contre l'Etat, un jugement plus dur que les 4 ans de prison prononcés en première instance.

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