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30/05/2016 01:19 EDT | Actualisé 30/05/2016 01:25 EDT

Jeux de hasard en ligne: pas de sites bloqués avant 2018

pokerstars.com

Les amateurs de poker et autres jeux de hasard en ligne ont encore plusieurs mois devant eux avant de se buter à des interdictions lorsqu'ils tenteront d'accéder à certains sites depuis le Québec.

Malgré l'adoption récente du projet de loi 74 obligeant les fournisseurs de services internet à bloquer ces sites, il ne devrait pas y avoir de changements majeurs pour les internautes avant le début de 2018, selon Loto-Québec.

Entre-temps, la société d'État, qui vise quelque 2200 sites de jeux de hasard et d'argent, transmettra bientôt à la Régie des courses et des jeux du Québec (RACJ) une liste d'adresses considérées comme "illégales" par la mesure législative.

C'est par la suite, sous peine de lourdes amendes, que des fournisseurs comme Bell (TSX:BCE) , Cogeco (TSX:CGO) et Vidéotron devront commencer à bloquer les accès des sites concernés.

Néanmoins, l'adoption du projet de loi 74 ne signifie pas pour autant que des sites populaires seront inaccessibles aux internautes, affirme le porte-parole de Loto-Québec, Patrice Lavoie.

D'ici l'automne, la société d'État lancera trois appels d'offres afin d'intégrer à sa plate-forme Espacejeux des sites de poker, de casinos et de paris sportifs.

"Il y a quand même certains sites qui vont pouvoir se légaliser, a expliqué lundi M. Lavoie, au cours d'un entretien téléphonique. Les gens vont pouvoir continuer à jouer sur le site qu'ils aiment."

Par exemple, la société montréalaise Amaya (TSX:AYA), qui exploite le populaire site PokerStars, a déjà fait part dans le passé de son intérêt à s'entendre avec Loto-Québec dans ce dossier.

Loto-Québec estime que le marché québécois du jeu en ligne représente des revenus annuels 250 millions $. Avec des parts de marché de 26 pour cent, la société d'État a généré des recettes de 66 millions $ l'an dernier dans ce secteur.

Des critiques affirment que le projet de loi vise à censurer l'internet et qu'il représente une façon pour Loto-Québec de bloquer la concurrence en plus de potentiellement inciter les gouvernements au pays à décider ce que les citoyens peuvent voir - ou pas - en ligne.