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28/05/2016 07:37 EDT | Actualisé 28/05/2016 07:38 EDT

Un premier album pour le musicien-chanteur Samito

JFCYR

Le Québécois originaire du Mozambique, Samito, propose un album homonyme de huit titres électro-pop intelligents et passablement dynamiques. Certes, le chanteur en est à son premier album solo, mais il fait partie du décor musical montréalais depuis quelques années déjà. Rencontre.

Sacré «Révélation Radio-Canada 2015/2016», l’auteur-compositeur-interprète de 36 ans livre un long jeu rempli d’ambiances originales qui sont à la fois le fruit de ses expériences vécues en Afrique et Amérique. Originaire du Mozambique, il a séjourné 18 mois au Cap, en Afrique du Sud, avant de venir s’établir à Montréal, il y a plus de dix ans. Samito a étudié le piano jazz à l’Université McGill. À la sortie des classes, il a notamment collaboré avec Pierre Kwenders, Radio Radio et Nom de Plume (Alexandre Bilodeau, ancien beatmaker de Radio Radio).

«Je suis un ami d’Alexandre. C’est lui qui m’a invité à faire partie du projet de Pierre Kwenders, avec qui j’ai joué sur scène. J’ai aussi participé à six chansons de son album. Alexandre, il est en quelque sorte au centre de tout un mouvement électronique-musique-du-monde.»


Sur ce premier album, enregistré au Studio La Traque, Samito est accompagné par le batteur Jonathan Bigras (Galaxie), le guitariste Funk Lion (La Bronze) et le bassiste France Book (Misteur Valaire). Alexis Dumais, Olivier Langevin et Pierre Fortin ont aussi travaillé sur quelques chansons. Son travail mélange le rock, la pop, les rythmes traditionnels africains et le disco Shangaan. Il chante en anglais, en portugais (langue officielle du Mozambique) et en tswa, une langue bantoue parlée aussi dans son pays natal. Sa musique est donc une sorte de joli mutant de la musique du monde.

«C’est normal que tout se mélange en musique, affirme Samito. J’en suis moi-même une sorte de symbole. De plus en plus, la musique est le reflet de plein de courants différents. Je n'ai pas nécessairement voulu m’inspirer de la musique traditionnelle africaine. C’est venu naturellement. Elle fait partie de moi. Je suis un gars qui a quitté l’Afrique et qui est venu poursuivre des études à Montréal. Depuis 11 ans, j’ai évolué dans un milieu très différent du Mozambique. Une place [société] qui a sa propre culture. J’ai toujours rêvé de faire carrière en musique. Mais je n’avais pas choisi nécessairement le Québec…»

En fait, son parcours québécois s’explique par la rencontre, au Cap, d’une jeune femme provenant de la région montréalaise qui est devenue son amoureuse (ils sont toutefois séparés depuis). Il est arrivé au Canada, en l’occurrence la métropole québécoise, par les voies normales de l’immigration. Après ses études, Samito a roulé sa bosse dans le milieu de la musique et fait beaucoup de rencontres : «J’ai fait de la pige durant des années comme claviériste. Je travaillais pas mal avec des artistes de la scène World ou encore de la scène jazz (dont la chanteuse anglophone Emma Frank). Autour de 2010, j’ai arrêté ça. J’avais toujours envie de m’investir dans une carrière solo comme musicien-chanteur.»

«Je me suis donc mis à travailler sur mon propre matériel, poursuit le musicien. En 2011, j’ai rencontré Alexandre Bilodeau. À ce moment, il travaillait avec Radio Radio sur l’album Havre de Grâce (sorti en avril 2012). J’ai finalement fait une audition pour une tournée. C’était pour le poste de claviériste. J’ai été choisi et on est allé partout durant huit mois. Ç’a été très formateur.»

Bien que les huit morceaux de ce nouvel opus aient été enregistrés tout récemment, en mars 2016, d’autres chansons ont été composées et écrites il y a un bon moment : «J’ai travaillé longuement sur un album contenant d’autres chansons, mais il n’est jamais sorti. C’est ce qui explique pourquoi j’ai pris autant de temps à faire paraître un premier album. J’ai commencé il y a environ cinq ans avec un autre réalisateur. Aujourd’hui, ce disque est en stand-by

Au final, j’ai décidé de changer de direction l’année dernière, souligne Samito. En plus, le label montréalais Costume Records a manifesté son intérêt pour mon travail, il y a environ un an. C’était parfait. Je travaille avec eux [la maison de disque depuis six mois. Cette fois, c’est Benoît Bouchard qui a réalisé l’album. Il a travaillé comme un fou. En très peu de temps, on a fait tout un nouveau disque. C’est un peu un miracle. Et j’en suis très content du résultat.»

Samito, sous étiquette Costume Records, est en vente depuis le 27 mai.

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