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28/05/2016 06:42 EDT | Actualisé 29/05/2017 01:12 EDT

L'état des droits de l'homme en Gambie est "une honte pour la Cédéao" (responsable Amnesty)

Le patron d'Amnesty International a accusé samedi à Dakar le régime du président Yahya Jammeh de "meurtre" et qualifié de "honte" la passivité de ses voisins d'Afrique de l'Ouest devant la dégradation de la situation des droits de l'homme en Gambie.

"En Gambie, ça va de mal en pis. Les journalistes et la société civile sont attaqués. Les résultats de l'élection présidentielle (prévue en décembre) sont connus d'avance. La terreur ne cesse de s'accentuer", a dit Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International lors d'une cérémonie en l'honneur de défenseurs des droits de l'homme.

"Le président (sénégalais) Macky Sall doit élever la voix. La Cédéao (la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest) doit prendre ses responsabilités. C'est une honte pour la Cédéao de laisser la Gambie perpétrer ces meurtres", a ajouté M. Shetty,

M. Sall, dont le pays englobe la Gambie sauf sa façade maritime, est le président de la Cédéao. La Gambie est dirigée d'une main de fer par Yahya Jammeh, parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994 puis élu en 1996, réélu tous les cinq ans depuis et candidat au scrutin présidentiel prévu en décembre.

Plusieurs opposants sont détenus depuis mi-avril après un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. L'un d'eux, Solo Sandeng, membre du Parti démocratique uni (UDP), le principal parti d'opposition, est mort en détention.

M. Shetty s'exprimait lors d'une cérémonie à Dakar consacrée à la remise du prix de son organisation, "Ambassadeur de la conscience" 2016, décerné à la chanteuse béninoise Angélique Kidjo et à trois mouvements citoyens, Balai citoyen (Burkina Faso), Lutte pour le changement (Lucha, République démocratique du Congo) et "Y'en a marre" (Sénégal).

Cette distinction est décernée à des personnes ou des groupes ayant, selon Amnesty International, fait preuve d'un courage exceptionnel pour combattre l'injustice et fait progresser la cause des droits de l'homme.

"Je dédie ce prix à Fred (Bauma) et les jeunes emprisonnés" en RDC a déclaré une des trois récipiendaires, la Congolaise Micheline Mwendike, une responsable de Lucha. M. Bauma et d'autres membres de mouvements citoyens de RDC sont incarcérés pour leur engagement en faveur de la démocratie et des droits de l'homme, selon leurs organisations et Amnesty .

"Notre président veut changer la Constitution. Nous devons l'en empêcher", a ajouté Mme Mwendike. La Constitution interdit au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter pour un 3e mandat mais ses détracteurs l'accusent de chercher à se maintenir au pouvoir.

mrb/jlb

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