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28/05/2016 05:29 EDT | Actualisé 29/05/2017 01:12 EDT

Espagne: "marches de la dignité" à un mois des élections

Plusieurs milliers d'Espagnols ont participé samedi à des "marches de la dignité" dont le slogan était "du pain, du travail, un toit", afin de rejeter "les politiques néolibérales imposées par Bruxelles", moins d'un mois avant les élections législatives.

A Madrid, différents cortèges ont conflué vers la Puerta del Sol pour se retrouver face à la banderole "Pour une rébellion démocratique des peuples d'Europe, souveraineté, dignité, solidarité". Les manifestants remplissaient la moitié de la place.

Les premières grandes "marches pour la dignité", rassemblant des dizaines de milliers de personnes venant de tout le pays, avaient eu lieu le 22 mars 2014 à Madrid.

Ce samedi, plus de 125 organisations politiques, syndicales et sociales avaient de nouveau appelé à y participer dans une trentaine de villes, de Séville à Barcelone, pour que les gens "rendent visibles leur indignation".

A 81 ans, Fedor Asuar, ancien mécanicien et membre du syndicat anticapitaliste Commissions ouvrières, brandissait à Madrid la pancarte: "grands-parents appauvris, enfants hypothéqués, petits-enfants chômeurs". Il défilait pour "défendre sa petite allocation retraite" et contre "la série de coupes claires dans l'Education, la Santé..."

Les participants craignaient que, quel que soit le prochain gouvernement issu du scrutin du 26 juin, de nouvelles réformes et réductions du service public soient imposés, alors qu'un Espagnol sur cinq vit déjà en situation de risque de pauvreté (plus de 22% de la population), avec moins de 8.011 euros à l'année.

Au nom des 50 collectifs ayant convoqué la manifestation, Yayo Herrero, professeure de 50 ans, a lu à la foule une partie d'un manifeste, disant: "sous prétexte de la crise causée par les banques, l'Union européenne s'est emparée de la souveraineté des pays qui la composent (...) les obligeant à exécuter des politiques qui vont contre leur populations et servent le capital".

D'autres manifestants se mobilisaient contre le traité de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis (Tafta ou TTIP) ou pour une véritable politique d'accueil des réfugiés.

Elena Garzon, 53 ans, employée de la Loterie nationale décidée à voter pour la coalition de gauche radicale Unidos Podemos, disait ne pas sentir les effets de la reprise vantée par le chef du gouvernement conservateur sortant, Mariano Rajoy: "La croissance économique: rien! J'ai deux filles de 26 et 28 ans, l'une est au chômage, l'autre a dû partir aux Etats-Unis".

Le taux de chômage restait à 21% de la population active à la fin du premier trimestre.

lbx/abk

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