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28/05/2016 09:59 EDT | Actualisé 29/05/2017 01:12 EDT

Entre ses deux clubs rivaux, Madrid balance

C'est une ville dont le coeur balance, aux cris de "Hala Madrid" ou "Aupa Atleti": Madrid ne savait plus samedi à quel club se vouer, fière de ses deux équipes qui s'affrontent à nouveau en finale de Ligue des Champions, à Milan.

Entre le Real et l'Atletico - "le frère riche et le frère pauvre", dit-on à Madrid - "la rivalité est réelle", concède Juan Quintana, 37 ans, supporter de "l'Atleti" venu exprès de Ciudad Real, à deux heures de route.

"Mais ça ne crée pas de conflit en dehors du cadre sportif, rien de choquant, même s'il y a toujours une minorité ultra", modère sa compagne, Angela Diaz, 35 ans, en route vers un Palais des sports où les rouge et blanc s'agglutinent autour d'un écran rien que pour eux...

Pour faire bonne mesure, la capitale espagnole aux 3,2 millions d'habitants a affiché autant que possible les deux écussons côte à côte: l'un doré et surmonté d'une couronne, pour le club dit "royal" depuis 1920; l'autre, rouge et blanc, étoilé, avec un ours grimpant à l'arbousier, symbole de Madrid, pour le plus populaire Atletico.

Ils flottaient sur les drapeaux ondoyant à la façade du gouvernement régional. Se collaient jusque sur les "plumcakes" des pâtisseries huppées où les clients devaient choisir leur camp, au moment de passer commande.

Dès le matin, des dizaines de groupes de supporters en tenue de rigueur déambulaient dans les rues en fête.

Le rouge et le blanc de "l'Atleti", Sergio Rodriguez l'arbore sur son visage, sur la place de la Puerta del Sol, dans le centre, au milieu de copains du quartier de Carabanchel "plutôt populaire".

"C'est l'équipe de notre vie", dit ce garçon de 18 ans, déjà "au chômage". Il se dit fier d'"un club qui pourrait gagner sans argent alors qu'on dit que le Real a l'effectif le plus cher du monde". Avec ses 241 millions de budget cette saison, l'Atletico, n'est plus si "petit", mais reste loin du Real et de ses 581 millions.

- "Aucune C1" -

"Et eux ont déjà beaucoup de coupes de la Ligue des Champions, nous aucune", plaide Sergio, deux ans après le choc du 24 mai 2014 à Lisbonne, première finale entre deux clubs d'une même ville dans l'histoire de la C1.

Venu du quartier central de Justicia où il travaille "dans le marketing", Beltran Romero s'est fait une jupe du drapeau espagnol frappé de l'écusson du Real. Et ce gaillard de 26 ans prend le risque de se faire écraser par un bus pour une photo-souvenir sur la place de Cybèle où les "madridistes" ont leur écran géant réservé.

C'est là que le Real avait célébré, il y a deux ans, sa victoire sur l'Atletico, 4-1. Et c'est là qu'il pourrait fêter une 11e coupe.

Pour prévenir les éventuels problèmes de cohabitation, plus de 1.500 agents de police sont mobilisés dans la capitale jusqu'à lundi.

Cas particulier, Carlos Asencio est, lui, un Catalan venu de Barcelone pour soutenir le Real Madrid. "C'est la première fois que mon fils de neuf ans vient avec moi. Comme j'étais venu avec mon père, supporter du Real" aujourd'hui décédé, dit cet enfant d'Andalous, en dégainant une photo d'eux prise en 1975.

"Vous voyez, mon écharpe est double: moitié Real, moitié Atletico", relève ce chauffeur de taxi de 48 ans. "Mon frère est pour l'Atletico. Je la lui donnerai si on perd..."

lbx/mck/adc

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