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28/05/2016 00:51 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

Conflit social en France: le pouvoir inflexible avant une nouvelle semaine de grèves

L'exécutif français restait inflexible samedi face à la fronde sociale avant une nouvelle semaine de grèves à l'appel des syndicats qui entendent poursuivre le bras de fer pour obtenir le retrait de la réforme sur le droit du travail.

"Ma porte est toujours ouverte, je suis toujours prêt à la discussion. Mais quand un texte a été discuté, qu'il a suscité des compromis avec des partenaires sociaux, qu'il a été adopté à l'Assemblée nationale, je considère que ma responsabilité c'est d'aller jusqu'au bout", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls face à des lecteurs du quotidien Aujourd'hui en France.

Depuis près de trois mois, le texte sur la réforme du code du travail, en discussion au Parlement, divise la majorité socialiste au pouvoir et ses opposants tentent de paralyser le pays avec des grèves dans les transports et en bloquant des sites pétroliers.

"Je tiendrai bon", a asséné vendredi le président François Hollande au Japon où il participait à un sommet du G7, apportant son soutien à son Premier ministre. "Retirer le texte de loi serait une mauvaise chose pour les salariés", a renchéri samedi Manuel Valls.

Le Premier ministre recevait samedi les groupes pétroliers et les transporteurs, deux des secteurs les plus touchés par les blocages organisés par les opposants à la dernière grande réforme du gouvernement, avant l'élection présidentielle l'an prochain.

L'objectif de cette réunion vise à faire le point sur l'approvisionnement en carburant, perturbé ces derniers jours par la mise à l'arrêt partielle ou totale de six des huit raffineries françaises.

Les blocages d'une quinzaine de dépôts pétroliers (sur la centaine que compte le pays) ont été levés vendredi sans heurts par les forces de l'ordre mais 20% des stations service connaissent toujours des difficultés d'approvisionnement, selon le gouvernement.

- 'Détermination' -

"Nous continuerons avec détermination à évacuer", a promis Manuel Valls alors que les hôteliers et restaurateurs se sont alarmés d'"annulations importantes" à Paris et dans le Grand Ouest, en raison des mouvements de grève et des problèmes de carburant.

Confrontés aux rationnements, les Français réagissent de manière contrastée, râleurs ou fatalistes dans les files d'attente à la pompe, mais de plus en plus sont partisans d'un retrait du texte (sept Français sur dix) "pour éviter un blocage du pays", selon un sondage.

Après des manifestations jeudi dans toute la France, avec une mobilisation stable (300.000 selon le syndicat CGT, 153.000 selon les autorités) et des heurts répétés avec la police, les huit syndicats opposés au projet de loi ont appelé vendredi "à poursuivre et amplifier les mobilisations".

Le conflit pourrait se déplacer la semaine prochaine dans les transports, avec des préavis de grève dans les trains, le métro parisien et l'aviation civile pour mardi, qui s'annonce comme une journée cruciale, à deux semaines du début officiel de l'Euro-2016 de football et de l'arrivée attendue de dizaines de milliers de supporteurs dans le pays.

Une neuvième journée de mobilisation est programmée le 14 juin, avec "une puissante manifestation nationale" annoncée à Paris.

Vendredi, le responsable du patronat français, Pierre Gattaz, a condamné des "méthodes de voyous" et d'"irresponsables" et a appelé à "résister au chantage" des syndicats contestataires.

Principal visé, le leader de la première centrale du pays, la CGT, Philippe Martinez a dénoncé un "climat de haine" entretenu selon lui par le gouvernement et le patronat.

Le problème est que l'épreuve de force masque aussi "la relative fragilité" des deux parties en présence, observait vendredi le quotidien Le Monde.

Avec d'un côté une CGT en perte de vitesse depuis deux ans, qui a fait le choix de la radicalisation pour se remettre en selle. Et de l'autre un gouvernement socialiste disposant certes des prérogatives institutionnelles - et éventuellement de l'usage de la force- mais qui bat des records d'impopularité.

Au sein de la gauche, une cinquantaine de députés socialistes "frondeurs" ont écrit à François Hollande pour lui demander "d'agir sans attendre pour une sortie de crise" tenant compte "de l'opposition majoritaire en France" à la réforme.

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