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28/05/2016 04:57 EDT | Actualisé 29/05/2017 01:12 EDT

Conflit social en France: l'exécutif refuse de céder à la menace de nouvelles grèves

Le gouvernement socialiste français restait inflexible samedi face à la fronde sociale contre une réforme sur le droit du travail, prenant le risque d'une nouvelle semaine d'agitation syndicale à moins de deux semaines de l'Euro de football.

"Ma porte est toujours ouverte, je suis toujours prêt à la discussion. Mais quand un texte a été discuté, qu'il a suscité des compromis avec des partenaires sociaux, qu'il a été adopté à l'Assemblée nationale, je considère que ma responsabilité c'est d'aller jusqu'au bout", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls face à des lecteurs du quotidien Aujourd'hui en France.

Depuis près de trois mois, le texte sur la réforme du code du travail, en discussion au Parlement, divise la majorité socialiste au pouvoir et ses opposants tentent de paralyser le pays avec des grèves dans les transports et le blocage de sites pétroliers.

"Je tiendrai bon", a asséné vendredi le président François Hollande au Japon où il participait à un sommet du G7, apportant son soutien à son Premier ministre. "Retirer le texte de loi serait une mauvaise chose pour les salariés", a renchéri samedi Manuel Valls.

Le Premier ministre a promis de poursuivre les déblocages de sites pétroliers en recevant samedi les majors énergétiques et les transporteurs, deux des secteurs les plus touchés par les opposants au projet de loi. Il s'agit de la dernière grande réforme sociale que veut faire passer l'exécutif, très impopulaire, avant l'élection présidentielle l'an prochain.

Les blocages de la quinzaine de dépôts pétroliers (sur la centaine que compte le pays) ont été levés vendredi sans heurts par les forces de l'ordre mais l'approvisionnement en carburant reste perturbé par la mise à l'arrêt partielle ou totale de six des huit raffineries françaises.

Le secrétaire d'Etat aux Transports a estimé samedi que "la situation s'améliore" concernant l'approvisionnement. "Nous ne pouvons pas parler d'une crise qui est terminée", a-t-il néanmoins admis.

Chez Total, un peu moins d'un tiers (659) de ses 2.200 stations service étaient en difficulté, contre 815 jeudi.

Confrontés aux rationnements, les Français réagissent de manière contrastée, râleurs ou fatalistes dans les files d'attente à la pompe, mais de plus en plus sont partisans d'un retrait du texte (sept Français sur dix) "pour éviter un blocage du pays", selon un sondage.

Les hôteliers et restaurateurs se sont, eux, alarmés d'"annulations importantes" à Paris et dans le Grand Ouest, en raison des mouvements de grève et des problèmes de carburant.

- Vers une nouvelle semaine de grèves -

Après des manifestations jeudi dans toute la France, avec une mobilisation stable (300.000 selon le syndicat CGT, 153.000 selon les autorités) et des heurts répétés avec la police, les huit syndicats opposés au projet de loi ont appelé vendredi "à poursuivre et amplifier les mobilisations".

Le conflit pourrait se déplacer la semaine prochaine dans les transports, avec des préavis de grève dans les trains, le métro parisien et l'aviation civile pour mardi, qui s'annonce comme une journée cruciale, à deux semaines du début officiel de l'Euro-2016 de football et de l'arrivée attendue de dizaines de milliers de supporteurs dans le pays.

Une neuvième journée de manifestations est programmée le 14 juin.

Vendredi, le responsable du patronat français, Pierre Gattaz, a condamné des "méthodes de voyous" et d'"irresponsables" et a appelé à "résister au chantage" des syndicats contestataires.

Principal visé, le leader de la première centrale du pays, la CGT, Philippe Martinez a dénoncé un "climat de haine" entretenu selon lui par le gouvernement et le patronat.

Dans ce contexte, des voix de tous bords s'élèvent pour que cette épreuve de force entre le gouvernement et les syndicats ne se transforme pas en guerre de tranchées.

Au sein de la gauche, une cinquantaine de députés socialistes "frondeurs" ont écrit à François Hollande pour lui demander "d'agir sans attendre pour une sortie de crise" tenant compte "de l'opposition majoritaire en France" à la réforme.

Cité samedi par le quotidien Le Monde, un membre du gouvernement affirmait sous le couvert de l'anonymat : "Il faut que ça bouge la semaine prochaine. Le scénario du gouvernement et de la CGT qui tiennent bon chacun de leur côté n'est pas possible, car vous détruisez alors l'Euro de foot et l'image de la France".

bur-blb/abk

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