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27/05/2016 04:57 EDT | Actualisé 27/05/2016 05:00 EDT

Trois naufrages cette semaine en Méditerranée font au moins 70 morts

ASSOCIATED PRESS
In this photo taken on Sunday, April 17, 2016 migrants ask for help from a dinghy boat as they are approached by the SOS Mediterranee's ship Aquarius, background, off the coast of the Italian island of Lampedusa. The European Union's border agency says the number of migrants crossing the Mediterranean Sea to Italy more than doubled last month. Frontex said in a statement on Monday that almost 9,600 migrants attempted the crossing, one of the most perilous sea voyages for people seeking sanctuary or jobs in Europe. (Patrick Bar/SOS Mediterranee via AP)

Trois naufrages en trois jours, dont un filmé en direct, ont fait au moins 70 morts et des dizaines de disparus en Méditerranée, selon les autorités italiennes, une série rapprochée de tragédies qui inquiète les agences onusiennes.

La marine italienne a annoncé vendredi soir avoir récupéré 45 corps de migrants après le dernier naufrage survenu en Méditerranée dont le bilan pourrait encore s'alourdir en raison de dizaines de personnes toujours portées disparues.

"Le navire Vega a secouru 135 migrants sur une embarcation qui a à moitié coulé. Quarante-cinq corps ont été récupérés et les recherches se poursuivent", a indiqué la marine sur son compte Twitter.

Ce nouveau drame s'est produit à peine 24 heures après un autre naufrage ayant fait entre 20 et 30 morts et deux jours après celui qui a fait 5 morts, portant le bilan provisoire à plus de 70 morts en trois jours et des dizaines de disparus.

Mercredi, les images saisissantes transmises par la marine italienne du premier de ces trois naufrages consécutifs ont fait le tour du monde. La marine a réussi à sauver plus de 550 personnes mais leurs récits laissent redouter une centaine de disparus.

"Trois naufrages en trois jours, c'est très inquiétant. On voit maintenant arriver ces bateaux de pêche de très mauvaise qualité", a déclaré à l'AFP Carlotta Sami, porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

"Sur les bateaux de migrants, ceux qui sont dans la cale font ballast, mais ils essaient toujours de sortir le plus vite possible (...). Pendant le secours d'hier (mercredi), ceux de la cale sont sortis et ont fait remonter le centre de gravité du bateau, qui a perdu toute stabilité", a expliqué à l'AFP Antoine Laurent, officier de la marine marchande française, qui participe aux opérations de sauvetage en Méditerranée.

Depuis lundi matin, les messages d'alerte se sont succédé sur les radios de l'armada de navires qui croisent au large de la Libye: plus de 12 000 migrants secourus en cinq jours, du jamais vu selon des secouristes.

"C'est exceptionnel, on est presque au niveau des îles grecques l'année dernière", reconnaît Flavio di Giacomo, porte-parole en Italie de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Même si l'ampleur de cette vague est probablement due avant tout au temps clément, les observateurs sont surpris et inquiets de voir arriver de Libye des bateaux de pêche chargés de centaines de personnes, alors que depuis l'automne les passeurs libyens n'envoyaient quasiment plus que des canots pneumatiques avec 100 à 140 personnes à bord, qui se sont révélés paradoxalement plus sûrs.

Détresse des survivants

Une équipe de psychologues et de médiateurs culturels de Médecins sans frontières (MSF) a été marquée par la détresse des survivants du premier naufrage, arrivés jeudi à Porto Empedocle, dans le sud de la Sicile.

"Presque tous ont perdu un ou plusieurs proches", a expliqué à l'AFP Andrea Anselmi, chef de projet MSF en Sicile. Les femmes et les enfants étaient déjà en sûreté au moment du chavirage, mais plusieurs se retrouvent veuves ou orphelins.

"Il y a vraiment une dimension incroyable à cet événement", a ajouté M. Anselmi, expliquant que l'équipe avait "travaillé à aider ces personnes à digérer le fait d'avoir vu quelqu'un mourir sous leur yeux".

Dans le même temps, des dizaines de familles ont proposé d'adopter la petite Favour de neuf mois, arrivée orpheline sur l'île italienne de Lampedusa après un autre naufrage, tandis que la naissance du petit Destiné Alex, sur un navire humanitaire qui avait recueilli sa mère, a suscité une grande émotion.

La vague de cette semaine porte le nombre des arrivées à environ 44.000 selon un décompte de l'OIM, soit encore en-deçà des 47 400 enregistrées au 31 mai l'année dernière.

Et les craintes de voir le flux de Syriens, Afghans et Irakiens bloqué par la fermeture de la route des Balkans se détourner vers l'Italie ne se sont pour l'instant pas concrétisées: la quasi-totalité des arrivants de cette année venaient d'Afrique subsaharienne.

Les estimations sur le nombre de candidats au départ actuellement en Libye varient de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers, sans aucune certitude.

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