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27/05/2016 08:10 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

Sanctions contre la Russie : Berlin évoque une levée "graduelle" en cas de rapides progrès

Une levée des sanctions contre la Russie est possible "graduellement" si des progrès sont rapidement réalisés dans l'application des accords de Minsk sur le conflit ukrainien, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier.

"J'espère que d'ici à fin juin il y a aura des progrès (...). Nous allons voir si nous pouvons réduire graduellement les sanctions, ou si nous devons maintenir les mesures actuelles", a déclaré le ministre à la presse à Tallinn, en Estonie.

"S'il n'y a pas de progrès, une évaluation sera également nécessaire", a-t-il dit, ajoutant que "notre but est de ne pas maintenir les sanctions, mais de régler le conflit".

Dans un communiqué diffusé vendredi à Berlin, son ministère a estimé que l'état de la mise en oeuvre des accords de Minsk restait "insatisfaisant", soulignant à la fois que dans la situation actuelle "la position tout ou rien ne nous approche pas du but".

"En cas de progrès significatifs, la réduction graduelle des sanctions doit aussi être une option", souligne le communiqué.

Les propos du ministre interviennent au lendemain de ses déclarations à Vilnius et à Riga où il a jugé la pérennisation des sanctions "plus difficile" cette année, en raison d'"une résistance accrue" de certains pays membres de l'Union européenne.

"Nous sommes conscients du fait que la résistance dans l'UE vis-à-vis de la prolongation des sanctions contre la Russie a augmenté", avait en effet dit M. Steinmeier dans une interview diffusée jeudi par l'agence de presse balte BNS.

Le ministre n'a pas cité les pays concernés, mais l'Italie et la Hongrie sont les plus sceptiques au sujet des sanctions tandis que la Pologne et les pays baltes insistent pour maintenir la pression sur Moscou.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré, quant à elle, jeudi qu'il était trop tôt pour lever les sanctions imposées à la Russie.

"Pour moi, c'est trop tôt pour donner le feu vert" à une éventuelle levée des sanctions, a-t-elle déclaré aux journalistes en marge du sommet des pays du G7 au Japon.

"Les sanctions européennes touchant les banques, les secteurs de la défense et de l'énergie expirent en juillet. Leur prolongation requiert un vote unanime et ce dossier doit faire l'objet de discussions en juin.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré la semaine dernière qu'elle s'attendait à la prolongation des sanctions.

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