NOUVELLES
27/05/2016 12:04 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

RDC: une trentaine de blessés dans des heurts entre étudiants et policiers à Kinshasa

Une trentaine de personnes au moins ont été blessées vendredi dans des heurts entre étudiants et policiers sur un campus de Kinshasa, au lendemain d'une manifestation d'opposition contre le président congolais Joseph Kabila en République démocratique du Congo.

"Nous avons recensé 33 blessés [parmi les étudiants] et d'autres blessés continuent de venir", a déclaré à l'AFP le Dr Guylain Mboyo, directeur du centre médical de l'Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) où se sont produits les incidents, précisant que "le pronostic vital" des blessés n'était pas mis en jeu.

"Aucun cas de blessure par balle" n'a été enregistrée, a ajouté le Dr Mboyo, tandis qu'un de ses confrères a affirmé à l'AFP qu'"il y a eu des blessures par effleurement des balles".

Sur le site universitaire, les journalistes de l'AFP ont pu voir six policiers blessés avant leur évacuation vers un centre hospitalier de la ville.

Le porte-parole national de la police, le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, n'a pu fournir le bilan officiel des affrontements.

Vendredi matin, des manifestations pacifiques étaient organisées par des étudiants dans l'enceinte de leur campus afin de réclamer la libération d'un de leurs camarades détenu depuis mercredi par la police, selon des étudiants.

Il était reproché à "notre camarade d'être en possession des tracts de l'opposition", a déclaré Jacques Mundele, président du comité des étudiants de l'ISTA.

Le porte-parole de la police a déclaré que l'étudiant avait été libéré vendredi. Mais, a ajouté M. Mundele, malgré sa libération, les étudiants "n'ont pas apprécié" le déploiement massif des policiers aux abords de leurs bâtiments.

Les alentours de l'ISTA étaient transformés en "un véritable champ de bataille", a expliqué un étudiant sous couvert d'anonymat, dénonçant la brutalité des policiers, alors que ses camarades brandissaient des douilles de balles létales et des grenades lacrymogènes.

Des pierres, des pneus brûlés et une carcasse de véhicule étaient encore visibles sur la voie publique en début de soirée.

Jeudi, de manifestations contre M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat se termine en décembre, ont été organisées dans le pays à l'appel de trois coalitions d'opposition pour exiger la tenue des élections dans le délai. Une personne au moins a été tuée.

Les manifestants dénonçaient également un récent arrêt rendu par la Cour constitutionnelle qui autorise le président Kabila à se maintenir en fonction si l'élection présidentielle n'est pas organisée d'ici novembre, comme cela semble probable.

bmb/mbb/jlb