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27/05/2016 04:02 EDT

Rapt d'enfants à Beyrouth: «erreurs inexcusables» des reporters australiens

Stringer . / Reuters
Australian 60 Minutes journalist Tara Brown (C) and 60 Minutes producer Stephen Rice arrive at Sydney International Airport, April 21, 2016. REUTERS/Dean Lewins/AAP ATTENTION EDITORS - THIS IMAGE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. EDITORIAL USE ONLY. AUSTRALIA OUT. NEW ZEALAND OUT. NO RESALES. NO ARCHIVE.

L'équipe de télévision australienne impliquée dans une rocambolesque tentative d'enlèvement d'enfants au Liban en avril a commis "des erreurs inexcusables", selon les conclusions d'une enquête interne à la chaîne qui devait diffuser son reportage.

L'équipe travaillant pour l'émission 60 Minutes de Channel Nine avait été arrêtée au Liban et accusée d'avoir aidé une Australienne, Sally Faulkner, à enlever son fils et sa fille dans une rue de Beyrouth.

Les journalistes avaient été inculpés pour enlèvement et détenus près de deux semaines avant que le père des enfants, Ali al-Amine, accepte de retirer ses plaintes.

Des éléments présentés au tribunal de Beyrouth saisi de l'affaire avaient montré que Channel Nine avait versé au nom de Mme Faulkner plus de 100 000 dollars australiens à Child Abduction Recovery International (Cari), une entreprise spécialisée dans la récupération d'enfants enlevés.

La maman, qui accusait son ex-mari d'avoir refusé de permettre à leurs deux enfants de rentrer en Australie après des vacances au Liban, avait fait appel à la chaîne dans ce combat. En retour, Channel Nine obtenait l'exclusivité sur cette histoire.

"Il est évident, au vu de nos conclusions, que des erreurs inexcusables ont été commises", a déclaré vendredi Gerald Stone, vétéran du journalisme en Australie, chargé par la chaîne d'une enquête interne sur cette affaire.

De son point de vue, l'équipe avait noué des liens émotionnels avec Mme Faulkner, ce qui a eu pour conséquence, pour "60 Minutes" de "sous-estimer grossièrement plusieurs facteurs, parmi lesquels la capacité ou la volonté d'un gouvernement étranger à appliquer ses propres lois".

Gerald Stone, qui a lancé il y a 37 ans l'émission "60 minutes", a fustigé le manque de jugement de l'équipe, son non respect des procédures de sécurité de la chaîne et pointé une trop grande autonomie des producteurs, ainsi qu'un manque de contrôle de la hiérarchie.

Le producteur de ce reportage, Stephen Rice, a démissionné, tandis que la journaliste vedette Tara Brown, le caméraman Ben Williamson et le preneur de son David Ballment ont écopé d'un avertissement.

Hugh Marks, directeur général de Channel Nine, a estimé que ce reportage avait exposé les journalistes à des risques graves, et la chaîne à une grave atteinte à sa réputation.

Les deux enfants avaient été enlevés le 6 avril alors qu'ils devaient prendre avec leur grand-mère un autobus pour se rendre à l'école, selon les services de sécurité.

Le plan consistait, selon une source de sécurité libanaise, à quitter clandestinement le Liban par la mer. Les deux enfants, retrouvés à temps avec leur mère dans une maison à Beyrouth, avaient été rendus par la suite à leur père.

L'avocat de la mère avait affirmé qu'un accord avait été trouvé pour que la garde revienne au père comme le prévoit la loi libanaise.

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