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27/05/2016 11:25 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

L'ostarine : un moindre mal que les stéroïdes, mais...

Le dépistage positif du boxeur Lucian Bute a attiré l'attention sur l'ostarine, une substance encore mal connue du public. Même si ses effets secondaires sont moindres que ceux des stéroïdes anabolisants, l'ostarine n'en est pas moins interdite depuis 2008.

Un texte de Michel Marsolais

L'ostarine est un médicament créé par la compagnie pharmaceutique Merck. Le produit vise à augmenter la masse musculaire et la densité osseuse chez les personnes âgées ou chez les patients qui souffrent de fonte musculaire. Mais le médicament est toujours à l'étude et n'a pas franchi les étapes d'essais cliniques.

L'ostarine n'est donc pas officiellement vendu au Canada, mais peut se commander facilement par la poste. Si le produit est interdit par les fédérations sportives, il bénéficie d'un flou légal en tant que médicament en développement.

L'ostarine est un modulateur sélectif des récepteurs des androgènes (SARM).

Les sportifs, dont les adeptes de musculation, peuvent s'entraîner plus fort et plus longtemps avec des doses régulières d'ostarine. Ce qui n'est pas sans risques.

Le pharmacien Pierre-Marc Gervais explique que les effets secondaires de l'ostarine sont moins importants que ceux des stéroïdes (maux de têtes, saignements, impuissance, développement des seins, atrophie des testicules, etc.) mais bien réels.

Plusieurs forums font état de sportifs qui ont fait des « cures » d'ostarine de plusieurs jours ou de plusieurs semaines avec un éventail d'effets indésirables.

Offre sur Internet

Une simple recherche prouve que le produit est largement offert sur Internet et d'un prix plutôt abordable (environ 1 $ la capsule).

Il est difficile de contrôler le flot de substances dopantes plus ou moins licites qui entrent au pays par la poste, une responsabilité sous la juridiction de l'Agence des services frontaliers du Canada.

En 2015, les agents de l'Agence des services frontaliers ont effectué 1355 saisies de stéroïdes dans le mode postale, mais possiblement cette quantité ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan des produits dopants utilisés par les consommateurs canadiens.

Même si Lucian Bute se défend d'avoir consommé cette substance, la spécialiste en dopage sportif, Christiane Ayotte, de l'IRRS, ne croit pas à une erreur dans le test.

« Avec tous les contrôles qu'il y a présentement, ça serait vraiment étonnant. Ça n'arrive pas souvent », dit-elle.

Bute a-t-il pu prendre de l'ostarine à son insu? « Est-ce qu'on peut retrouver de l'ostarine dans la nourriture, dans l'environnement, dans la vie normale d'un sportif? La réponse est non », pense Christiane Ayotte.