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27/05/2016 08:53 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

L'Argentine va amnistier les fraudeurs, pour rapatrier des devises

Le président argentin Mauricio Macri, qui a reconnu avoir un compte aux Bahamas, a appelé vendredi les Argentins coupables d'évasion fiscale à faire preuve de patriotisme et rapatrier leurs fonds placés à l'étranger, leur offrant une amnistie jusqu'au 1er janvier.

Le dirigeant de centre-droit, au pouvoir depuis décembre, a annoncé qu'un projet de loi en ce sens serait présenté au Congrès. Le but est d'attirer des devises dans le pays sud-américain, afin de relancer une économie au ralenti.

"Il y a des milliards dans des banques à l'étranger car les Argentins ne faisaient pas confiance à l'Etat. Nous leur demandons de nous accompagner. Nous les invitons à se mettre en règle avec le fisc", a déclaré Mauricio Macri.

L'annonce survient au lendemain de la publication de déclaration de patrimoine du président argentin, dont le nom a été cité dans l'affaire de "Panamas Papers", qui inclut plus d'un million de dollars sur un compte aux Bahamas, un paradis fiscal des Caraïbes.

Trois options seront proposées à ceux détenant des fonds à l'étranger et souhaitant les rapatrier dans la 3e économie d'Amérique latine: payer un impôt, convertir cette somme en bons de l'Etat ou l'utiliser pour des investissements à long terme.

Le taux d'impôt sera réduit jusqu'au 1er janvier (5 à 10%), date à laquelle il passera à 15% et, selon le ministre du Budget et des Finances Alfonso Prat-Gay, l'Etat poursuivra alors ceux n'ayant toujours pas déclaré à l'administration fiscale leurs comptes à l'étranger.

Il n'a pas donné de chiffres sur le volume de devises que le gouvernement argentin compte rapatrier.

Selon l'organisation Tax Justice Network (TJN), utilisée comme référence dans de nombreux médias locaux, les Argentins détiendraient environ 400 milliards de dollars à l'étranger, même si d'autres médias avancent le chiffre de 200 milliards sans citer de source.

Le gouvernement de la présidente de gauche Cristina Kirchner (2007-2015) avait également mis en oeuvre une mesure similaire, sans résultat probant, et avait été accusée de faire le jeu du blanchiment de l'argent de la drogue.

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