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27/05/2016 07:33 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

Kazakhstan: la justice accuse les manifestants de vouloir renverser le gouvernement

La justice du Kazakhstan a accusé vendredi les organisateurs des récentes manifestations contre une réforme agraire de chercher à renverser le gouvernement de cette ex-république soviétique d'Asie centrale.

"Leur objectif final n'était pas de mener des rassemblements pacifiques (...), mais de déstabiliser la situation socio-politique, d'inciter aux troubles inter-ethniques et de s'emparer du pouvoir", a affirmé le parquet général dans un communiqué.

Des dizaines de personnes qui ont organisé ou participé à de petites manifestations antigouvernementales non-autorisées à travers le pays ont été arrêtées samedi dernier au Kazakhstan.

Descendus dans la rue à Astana (nord), Almaty (sud) et Karagandy (centre) à l'appel de l'opposition, les manifestants protestaient contre un projet de réforme agraire qui permet notamment aux étrangers de louer des terres pour 25 ans, contre dix précédemment.

Quatre manifestants restent toujours en détention, alors qu'une cinquantaine d'autres ont été relâchés, selon le parquet. Quelques journalistes ont également été brièvement interpellés lors de ces manifestations, un "malentendu" selon la police.

En avril, des manifestations avaient déjà été organisées contre cette réforme agraire, présentée comme importante par le gouvernement pour attirer les investissements étrangers.

Mais le président Noursoultan Nazarbaïev l'avait suspendue au début du mois, estimant que "des doutes ont été exprimés au sein de la société".

Les politiques agraires constituent un sujet très sensible dans cette ancienne région soviétique, où l'on se souvient des privatisations des années 1990 avec amertume et où la Chine voisine cherche à étendre ses intérêts agricoles.

Les manifestations de ce type sont inhabituelles au Kazakhstan, dirigé d'une main de fer depuis l'époque soviétique par Noursoultan Nazarbaïev, 75 ans.

Riche en hydrocarbures, le pays traverse une crise monétaire, provoquée par la difficile situation économique de son grand voisin russe et la chute des cours du pétrole.

La forte inflation qui en découle provoque le mécontentement de la population au Kazakhstan, souvent considéré par les experts comme l'unique pays stable de l'Asie centrale, malgré une corruption endémique.

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