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27/05/2016 03:08 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

France: une institutrice de maternelle condamnée pour violences sur 11 élèves

Une directrice d'école du centre de la France a été reconnue coupable de violences physiques et psychologiques sur 11 élèves de maternelle et condamnée vendredi en appel à 12 mois de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction d'exercer une profession en lien avec des enfants.

L'institutrice, Delphine Adam, 49 ans, également directrice de l'école de Feytiat, près de Limoges, avait été relaxée en première instance. Le ministère public avait fait appel et requis à son encontre une peine de 18 mois de prison avec sursis et une interdiction à vie d'exercer une profession en lien avec des enfants.

L'affaire avait éclaté au début de l'été 2015 quand des parents avaient constaté que le comportement de leurs enfants, âgés de 3 à 5 ans, se dégradait, avec des peurs irrationnelles, refus de manger, terreurs nocturnes, draps souillés... Ils avaient alerté la hiérarchie de l'institutrice mais, en l'absence de sanctions disciplinaires, avaient porté plainte en février 2015.

Lors de son premier procès, l'institutrice avait affirmé être "la victime d'une machination", taxant de menteurs ses accusateurs, élèves et collaborateurs.

De leur côté, les enfants avaient raconté notamment avoir été "secoués", traités de "nuls", de "nouilles", "d'incapables", et même avoir été "giflés", "bousculés", enfermés dans le dortoir plusieurs heures, seuls, ou dans le "placard aux sorcières".

"Je comprends totalement qu'un enfant puisse être blessé quand il est frustré dans ses pulsions. Mais c'est mon rôle de leur apprendre la frustration", s'était alors défendue l'institutrice, reconnaissant que "parfois on est obligé d'intervenir physiquement".

Devant la cour d'appel, les magistrats ont toutefois mis en lumière "sa pédagogie de la terreur" et son comportement "générateur de violence".

Six assistantes maternelles, au contact quotidien de l'institutrice, avaient notamment évoqué des "hurlements", "cheveux tirés", "claques", "tapes". "On ne savait pas quoi faire pour que ça s'arrête, c'était tous les jours", a témoigné l'une d'entre elles.

L'institutrice devra verser à 11 parties civiles entre 1.000 et 3.000 euros de dommages et intérêts selon les cas.

juc-ban/hba/pt