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27/05/2016 07:58 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

Comptoirs de marijuana : 90 arrestations à Toronto

Quatre-vingt-dix personnes font face à un total de 186 chefs d'accusation, y compris trafic de drogue et possession des produits de la criminalité, à la suite d'une série de perquisitions réalisées jeudi dans 43 points de vente de cannabis à Toronto.

Parmi les produits saisis : 269 kilogrammes de cannabis sec ainsi que 72 kilogrammes de chocolats, 142 kilogrammes de biscuits et de bonbons, des sachets de thé et des boissons à la marijuana.

Le chef de police Mark Saunders dit que le nombre de comptoirs de marijuana a doublé depuis mars à Toronto et que la « santé » du public était en péril.

Les accusés doivent comparaître en cour à partir du 19 juin.

Interrompu par des manifestants

Durant son point de presse, le chef de police a été interrompu à plusieurs reprises par des militants procannabis, qui lui ont demandé des « preuves du danger ». Les protestataires, dont le « prince du pot » Marc Emery et son épouse, accusent la police de priver les patients de leur droit d'accès à de la marijuana médicinale.

Le chef Saunders a nié ces allégations. L'opération policière d'hier, qui a été baptisée Project Claudia, visait, a-t-il dit, des comptoirs soupçonnés de vendre du cannabis à des personnes n'ayant pas d'ordonnance du médecin.

Une des personnes arrêtées était recherchée et une autre était en possession de cocaïne, a mentionné le chef Saunders, mais la police n'a pour l'instant aucune raison de croire que ces établissements étaient liés au crime organisé.

Des enquêtes de CBC et de Radio-Canada ont révélé que nombre des comptoirs jouaient souvent avec les règles en vendant du cannabis sans ordonnance.

Prévenus

Le chef Saunders a ajouté que les points de vente avaient reçu un avertissement, plus tôt ce mois-ci, que leurs activités étaient illégales. Or, seulement deux d'entre eux ont fermé leurs portes volontairement.

Parmi les secteurs visés par les perquisitions jeudi : l'avenue Danforth et le marché Kensington, où les comptoirs se sont multipliés au cours des derniers mois.

En plus des accusations criminelles, les propriétaires de ces établissements pourraient devoir payer des amendes de 25 000 $ par individu pour de présumées violations des règlements municipaux de zonage et de vente de nourriture.

Il y a deux semaines, le maire John Tory avait demandé aux inspecteurs municipaux d'utiliser tous les moyens à leur disposition pour s'attaquer à cette multiplication. Le chef Saunders a nié s'être fait tordre le bras politiquement.

De son côté, le propriétaire de l'un des établissements ciblés jeudi, Chris Cardozo, raconte qu'il « ne l'a jamais vue venir ». Il ajoute qu'il collaborait avec le bureau du maire afin de tenter de trouver un compromis.

Zonage

En avril 2014, le conseil municipal a modifié le règlement sur le zonage pour classer les établissements de production et de distribution de marijuana dans des zones « Industrielles/Emploi ».

De plus, le règlement permet la distribution de marijuana médicinale uniquement aux établissements qui ont été homologués par Santé Canada.

À la demande du maire Tory, les fonctionnaires municipaux étudient la faisabilité de réglementer les points de vente de marijuana et d'exiger qu'ils obtiennent un permis, comme à Vancouver. Le comité torontois des permis doit débattre de leur rapport le 27 juin.