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27/05/2016 01:11 EDT | Actualisé 27/05/2017 01:12 EDT

C1/Atletico Madrid: les nouveaux guerriers de Simeone

Entre la finale 2014 et celle de samedi, l'Atletico Madrid n'a pas changé de style, seulement de visages: encadrés par six grognards et par l'entraîneur Diego Simeone, de nouveaux guerriers vont partir à l'assaut de la Ligue des champions face au Real Madrid (20h45).

. Les soldats passent, l'armée reste

Malgré une identité intacte, l'Atletico n'a cessé de renouveler ses troupes ces dernières années. Des 18 joueurs présents sur la feuille de match lors de la finale perdue en 2014 à Lisbonne (4-1 a.p.), douze ne sont plus au club.

Il faut dire que les "Colchoneros" ont pris l'habitude de revendre au meilleur moment leur principales stars: Sergio Agüero en 2011, Radamel Falcao en 2013, Diego Costa en 2014, Mario Mandzukic en 2015...

Et "El Cholo" Simeone, par sa gestion "commando", sait intégrer au pas de charge les nouvelles recrues, notamment par un travail foncier éreintant en début de saison. Ceux qui n'adhèrent pas au discours collectif sont rapidement exfiltrés, comme le Colombien Jackson Martinez, acheté à l'été 2015 et revendu six mois plus tard.

"Notre style, c'est de savoir nous renouveler. C'est un style différent des autres", a commenté le technicien argentin le week-end dernier. "Renouveler plus de dix joueurs de l'effectif d'une finale à l'autre, alors que le club n'a joué que trois finales (de C1) en 113 ans d'histoire, c'est fantastique."

. La vieille garde est toujours là

Traits d'union entre Lisbonne et Milan, six joueurs sont les gardiens du temple, ceux qui transmettent aux nouveaux venus la culture du dépassement de soi de l'Atletico. "Les joueurs ressentent et transmettent ces valeurs. Nous avons un sentiment d'appartenance pour l'endroit où nous sommes", a récemment souligné Simeone.

Parmi ces grognards, il y a le capitaine Gabi (32 ans), formé au club, qui a connu les années de vaches maigres dans la décennie 2000-2010 et sait mieux que quiconque d'où vient l'"Atleti". Ensuite, il y a les infatigables Juanfran, Koke et Filipe Luis, qui ne comptent pas leurs efforts et sont les garants de l'esprit combatif voulu par Simeone.

Enfin il y a les sages, comme le milieu portugais Tiago (35 ans), qui vient de signer pour une saison supplémentaire, ou le défenseur central uruguayen Diego Godin (30 ans), pilier de la meilleure arrière-garde d'Europe.

La relation entre l'exigeant technicien et ses cadres semble d'ailleurs très forte: "Travailler sous les ordres d'+El Cholo+ est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma carrière", a raconté Godin.

. Du sang neuf dans les rangs

Le recrutement le plus fructueux de l'Atletico depuis 2014 est sans doute celui d'Antoine Griezmann, devenu sa référence offensive. Avec 25 buts inscrits en 2014-2015 puis 32 buts cette saison, on oublierait presque que les débuts du Français au stade Vicente-Calderon avaient été compliqués.

Peinant à digérer le travail physique qu'on lui imposait, Griezmann avait été rapidement sommé par Simeone de devenir "un homme et un joueur important". Le voilà aujourd'hui devenu "l'un des trois meilleurs joueurs du monde", selon son entraîneur.

Et avec lui, plusieurs nouvelles têtes ont pointé leur nez. Il y a les jeunes défenseurs centraux comme l'Uruguayen José Maria Gimenez (21 ans) et le Français Lucas Hernandez (20 ans), couvés par Godin. Le gardien Jan Oblak (23 ans), impérial, a lui rapidement fait oublier le Belge Thibaut Courtois.

Au milieu, l'Argentin Augusto Fernandez, ancien de Saint-Etienne et du Celta Vigo, est arrivé en janvier et s'est aussitôt imposé. Il a sans doute été aidé par la forte influence sud-américaine qui baigne l'effectif, où même le Mâconnais Griezmann sirote volontiers le maté, infusion typique d'Amérique latine.

Enfin, devant, le retour réussi du "Niño" Fernando Torres, icône du club, s'est accompagné de l'éclosion d'attaquants très techniques: outre Griezmann, le Belge Yannick Carrasco et les Argentins Angel Correa et Luciano Vietto ont changé la manière d'attaquer de l'équipe "rojiblanca". Mais l'état d'esprit, lui, est resté le même.

jed/es