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26/05/2016 22:36 EDT | Actualisé 27/05/2017 01:12 EDT

Biennale de Venise: les architectes sur le pied de guerre contre les inégalités

Les architectes du monde entier, réunis à la Biennale de Venise qui s'ouvre samedi, ont abandonné des projets spectaculaires pour se consacrer à des solutions simples et écologiques contre l'inégalité et la pauvreté qui règnent dans le monde.

Intitulée "En direct du front", cette XVe édition de la Biennale de l'architecture est dirigée par le Chilien Alejandro Aravena, victorieux cette année du prestigieux prix Pritzker, le Nobel des architectes.

Face à la presse, le Chilien a mis en valeur une série d'exemples positifs qui selon lui servent à "gagner la bataille" pour l'amélioration des conditions de vie des personnes, surtout les plus démunies et les exclues.

"On parle d'histoires qui ont eu du succès, qui méritent d'être racontées, pour lesquelles l'architecture a fait, fait ou fera une différence pour remporter ces batailles et élargir les frontières", a-t-il expliqué.

Pour illustrer ses propos, Alejandro Aravena, 48 ans, célèbre pour son engagement social, a invité sur la lagune 88 architectes venus de 37 pays différents: 50 participent pour la première fois à l'évènement et 33 ont moins de 40 ans.

Aucune contrainte d'agenda, d'âge ou de pays n'a guidé ses choix, a confié le Chilien à l'AFP, en précisant que son unique but était "d'améliorer la vie des gens".

Cette année, la Biennale, qui se terminera le 27 novembre, envoie un message politique au monde, en demandant aux architectes de cibler des priorités: les sans-abri, les migrants, les paysans et les exclus.

Et ce grâce à l'implication forte d'Alejandro Aravena, vainqueur du Lion d'Argent en 2008, et premier commissaire sud-américain jamais nommé par la Biennale.

La plupart des projets présentés sur la Lagune ont été de fait réalisés avec du matériel simple (bois, pierre, ciment), basés sur des dessins et des plans qui illustrent à merveille le travail au quotidien, dans son bureau, de l'architecte, notamment en terme de synthèse.

"Alejandro Aravena nous montre lors de cette Biennale que ces batailles peuvent être remportées", se félicite le président du rendez-vous vénitien, Paolo Baratta.

- Des projets destinés au "bien commun" -

Parmi les invités figure le Paraguayen Solano Benitez qui, avec ses créations originales et poétiques, faites de briques en argile et visibles dans les Jardins de la Biennale, a transformé "la pénurie en abondance".

Le Mexicain Juan Casillas a quant à lui bénéficié de l'aide de jeunes pour construire des maisons écologiques, réalisées à partir de matériaux biodégradables, à Ciudad Juarez, l'une des cités les plus violentes au monde.

Une autre réalisation, une tour faite de bambous et de plastique biodégradable, destinée à recueillir l'eau de pluie, la rosée et le brouillard, illustre à merveille la nouvelle architecture, celle qui pense autant en matière de social que d'environnemental.

Intitulée "Warka Water", et inspirée d'un arbre que l'on trouve en Ethiopie, elle est l'oeuvre de l'Italien Arturo Vittori, du cabinet Architecture and Vision.

Les architectes stars ne manquent pas non plus, et il sera possible d'admirer durant cette édition les projets des Britanniques Norman Forster et Richard Rogers, de la Japonaise Kazuyo Sejima, sans oublier l'Italien Renzo Piano.

Mais la Biennale, ce sont aussi les pavillons nationaux dispersés dans les Jardins, qui rivalisent d'idées dans l'espoir d'obtenir le Lion d'Or.

Parmi eux, celui de l'Espagne, dont les commissaires Iñaqui Carnicero et Carlos Quintans ont choisi de montrer comment une jeune génération d'architectes de la péninsule a réussi à répondre à la crise économique en transformant "l'inachevé", ces bâtiments abandonnés par un secteur du BTP au plus mal.

Quant à l'Italie, elle propose vingt projets "pour le bien commun", tandis que la Russie raconte comment des parcs d'attraction de l'ère soviétique ont été transformés en sites culturels ouverts à tous, et que les Etats-Unis provoquent la polémique, avec douze projets spéculatifs pour Détroit, cité symbole de l'industrie en crise.

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