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27/05/2016 08:26 EDT | Actualisé 28/05/2017 01:12 EDT

500 Miles d'Indianapolis: comment l'histoire est devenue légende

Des traditions, des vitesses folles, des spectateurs en pagaille, les 500 Miles d'Indianapolis sont une course légendaire du sport automobile, qui fêtera sa 100e édition dimanche. Voici les ingrédients du mythe.

. Un engouement immense

"C'est la plus grande arène au monde, l'événement sportif qui rassemble la plus grande foule. On est un peu des gladiateurs dans l'arène", s'enthousiasme l'actuel leader français du championnat d'Indycar, Simon Pagenaud. Il n'est pas passé loin d'une grosse performance l'an passé, mais a été trahi par sa mécanique.

Pour le jour de la 100e, dimanche, retransmise dans le monde entier, les 390.000 tickets ont trouvé preneur. La course se déroulera à guichets fermés et la ville organisera une diffusion sur écran géant pour les nombreux recalés. "Tout un Etat et toute une ville vibrent pour la course, comme ça peut être le cas au Mans ou à Monaco", apprécie le Français Sébastien Bourdais, bien placé pour comparer puisqu'il a participé à ces trois courses mythiques.

"Il y a la course, les qualifications qui se déroulent une semaine avant, on a la parade. Ça dure deux semaines!", souligne le pilote brésilien Helio Castroneves.

. Des vitesse folles

Plus de 370 km/h (230 miles/heure) de moyenne sur 2,5 miles: à lui seul, ce chiffre, celui de la pole position du Canadien James Hinchcliffe cette année, a de quoi donner une idée des vitesses folles que peuvent atteindre les monoplaces sur l'ovale d'Indianapolis.

A la limite de toucher le muret de l'ovale à chaque instant, les pilotes ressemblent ainsi à des funambules. "C'est en permanence. Sur un circuit routier, on est plus +relax+, c'est plus facile d'être en contrôle. Ici, on est à la limite de ce que la voiture nous donne", détaille Pagenaud.

"On est sur une ligne très fine. Ça ressemble plus au pilotage d'un avion de chasse, comme une démonstration de la Patrouille de France, les uns à côté des autres. C'est plus ça que de conduire une voiture de course", précise-t-il. "Ca demande du coeur, beaucoup de contrôle, de confiance en soi, et une voiture bien réglée."

. Une histoire, des traditions

Tous les pilotes à qui l'on demande pourquoi cette course est légendaire commencent par répondre: "L'histoire qui va avec."

"C'est juste comme les 24 Heures du Mans ou le Grand Prix de Monaco. Pour moi, ce sont trois courses que l'on peut comparer", schématise Castroneves, triple vainqueur (2001, 2002, 2009).

"Vous pouvez construire, si vous voulez, le plus beau circuit au monde demain, mais vous ne pouvez pas acheter l'histoire. Les circuits européens ont vu le jour dans les année 1950, ici c'est en 1911, très peu peuvent en dire autant", abonde Hinchcliffe.

De cette histoire plus que centenaire sont nées de nombreuses traditions, contribuant au mythe. Il y a d'abord l'immense trophée Borg-Warner, de hauteur d'homme, le "Yard of Bricks", ce bout de piste entièrement en briques avant la ligne d'arrivée, dernier vestige de la piste originale.

Autres éléments du mythe, la chanson "Back Home Again in Indiana" entonnée depuis 1946 avant la course. Et enfin, pour celui qui la termine en tête: pas de bouteille de champagne. Le vainqueur devra boire du lait, car c'est la tradition depuis 1936.

En 2016, le champion a le choix entre... entier et demi-écrémé. Indianapolis évolue aussi avec son temps.

tba/dlo/mam/dhe