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26/05/2016 04:33 EDT | Actualisé 26/05/2016 04:36 EDT

Les forces antijihadistes avancent en Syrie et en Irak

Les forces soutenues par les Etats-Unis en Irak et en Syrie ont avancé jeudi dans leurs offensives contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), les analystes prévenant toutefois que la bataille pourrait être longue.

Dans la Syrie ravagée par une guerre aux fronts multiples, qui a fait plus de 280 000 morts en cinq ans selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura a averti que de nombreux civils pris au piège des combats "risquaient de mourir de faim" si de l'aide humanitaire ne leur parvenait pas.

En Syrie, les combats semblent se concentrer contre l'EI dans la province de Raqqa (au nord-est du pays), dont le chef-lieu éponyme est considéré comme la capitale de facto du "califat" auto-proclamé de l'EI.

Appuyés par les frappes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les combattants arabes et kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) mènent depuis mardi une offensive, la plus importante jamais lancée contre l'EI en Syrie, pour chasser les jihadistes du nord de cette province qu'ils contrôlent en majeure partie.

Les FDS avancent lentement dans les champs agricoles et les villages au sud de la ville d'Aïn Issa, située à 60 km au nord de la ville de Raqqa et contrôlée par les Kurdes. Elles ont affirmé dans un communiqué avoir "libéré cinq villages dont ceux de Fatsa, Namroudiya, Wasta, et quatre champs".

Selon l'OSDH, les FDS bombardent les positions de l'EI près d'Aïn Issa tandis que la coalition mène des frappes.

Au sol, des forces spéciales américaines sont présentes au côté des FDS, selon des commandants kurdes.

Un photographe de l'AFP a vu une vingtaine de soldats américains à Fatsa.

2000 combattants

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a souligné que les Forces démocratiques syriennes ne s'étaient pas encore emparées de positions importantes.

Selon lui, l'EI "concentre 2000 combattants sur les lignes de front au nord de la ville de Raqqa. Le groupe a préparé cette bataille depuis des mois en creusant des tunnels qu'il a bourrés d'explosifs. Il a aussi préparé des voitures piégées et ses combattants se cachent parmi les civils".

Les FDS ont souligné dès le départ que la bataille en cours serait concentrée uniquement dans le nord de la province de Raqqa.

"L'objectif final est la ville de Raqqa", affirme toutefois à l'AFP Mutlu Civiroglu, un analyste basé à Washington. "Il est important (pour les forces anti-EI) d'assiéger la ville et de bloquer les mouvements de l'EI".

Cet assaut avait été annoncé au lendemain du début d'une offensive d'envergure de l'autre côté de la frontière, en Irak, pour reprendre Fallouja à l'EI.

Les troupes irakiennes soutenues par des milices progouvernementales ont avancé en direction de cette ville, où les conditions de vie des 50.000 civils présents sont dramatiques selon l'ONU. Seules 800 personnes ont réussi à fuir la cité, située à 50 km à l'ouest de Bagdad.

Médicaments épuisés

"La nourriture est rare et les distributions très contrôlées. Les médicaments sont épuisés et de nombreuses familles sont contraintes de s'approvisionner en eau non potable", a affirmé la coordinatrice de l'ONU Lisa Grande.

Dans leur combat contre l'EI, les Etats-Unis et leurs alliés veulent reprendre Raqqa, Fallouja et éventuellement Mossoul, deuxième ville d'Irak.

Mais les analystes mettent en garde contre des combats qui pourraient s'éterniser.

"Les défis en jeu pour affaiblir et chasser l'EI de positions fortifiées pendant longtemps sont énormes", écrit le groupe d'analyse Soufan basé à New York. La reprise de Fallouja "pose le plus grand défi militaire pour les forces irakiennes depuis deux ans".

En Syrie, la "détermination de l'EI à défendre Raqqa signifie que la bataille sera une des plus féroces", ajoute le groupe. Les considérations ethniques sont également à prendre en compte, Raqqa étant une ville à population arabe, tandis que les FDS sont dominées par les Kurdes qui "ne sont pas vus comme des libérateurs".

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations réclamant des réformes démocratiques, le conflit en Syrie s'est transformé en guerre complexe avec la montée en puissance de groupes jihadistes et l'implication de parties régionales et internationales.

Selon des diplomates aux Nations unies, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie a expliqué jeudi que le niveau général des violence avait baissé mais que, dans de nombreux endroits, la trêve instaurée fin février entre groupes rebelles non jihadistes et forces gouvernementales n'existait que sur le papier.

Il a par ailleurs affirmé au Conseil de sécurité qu'il n'envisageait pas de nouveaux pourparlers de paix intersyriens avant deux ou trois semaines, soulignant qu'il fallait d'abord constater des progrès dans l'application du cessez-le-feu et la livraison de l'aide humanitaire.

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