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25/05/2016 05:21 EDT | Actualisé 25/05/2016 10:15 EDT

Situation des autochtones: «On a beaucoup de chemin à faire» dit l'ex-premier ministre Paul Martin (VIDÉO)

À armes égales, chances égales. C’est ce que croit fermement l’ancien premier ministre Paul Martin. Celui qui se consacre à la cause autochtone depuis maintenant huit ans est catégorique : il faut changer le système d’éducation dans les réserves, sans pour autant les fermer.

«Les autochtones vont vivre où ils veulent. On ne me demande pas de déménager de Montréal, on me dit "vous avez le droit de rester où vous voulez". Si on demeure sur une réserve, on a le droit à la même éducation qu’à Montréal, au même système de santé. Donnons-leur l’occasion d’avoir les mêmes possibilités que nous et ils vont réussir», déclare Paul Martin, qui a été premier ministre du Canada de 2003 à 2006.

L’ancien politicien était de passage à l’Espace culturel Ashukan, ce mercredi, pour le lancement de la campagne Unis et solidaire. Pour une sixième année, la fondation de Paul Martin (Initiative d’éducation autochtone Martin) et l’organisme Unis pour l’action se sont alliés pour lancer une vaste campagne pancanadienne. Le but? Favoriser les échanges entre les autochtones et les non-autochtones partout au Canada.

La campagne fournit gratuitement des ressources scolaires aux enseignants pour intégrer l’histoire des aborigènes canadiens dans leur cursus. «L’année dernière, 860 écoles ont intégré les problèmes aborigènes dans le programme scolaire. Cette année, on en vise 1000», ajoute Craig Kielburger, l’un des instigateurs du projet.

Les problèmes sont encore nombreux dans les communautés autochtones, remarque Paul Martin. Il ajoute du même souffle que la priorité reste tout de même d'investir massivement dans l’éducation des jeunes. «Est-ce que ça va coûter cher? Absolument. Mais pas aussi cher que de ne pas éduquer les jeunes. Je pense que le budget de Bill Morneau [ministre fédéral des Finances] a mis l’argent sur la table où on en a besoin», ajoute-t-il.

L’ancien premier ministre du Canada se dit satisfait des efforts de Justin Trudeau. En mars dernier, le gouvernement libéral a promis 8,4 milliards de dollars pour les peuples autochtones au cours des cinq prochaines années.

Les écoles à la base du changement

«Qui parle innu?» La question lancée par Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations au Québec, a eu son effet. Parmi la quarantaine de jeunes rassemblés devant lui lors du lancement d’Unis et solidaires, aucun n’a levé la main. Pourtant, ce n’est pas l’intérêt qui manque, comme le témoigne ce jeune de 16 ans de l’école secondaire St-John’s à Saint-Jean-sur-Richelieu.

«J’ai du sang de ma grand-mère mohawk et elle ne m’a jamais vraiment parlé de ça. Elle n’a pas été dans les pensionnats, mais elle a été incluse dans les familles françaises et au travers des années on a perdu cet aspect-là dans ma famille. Je trouve ça vraiment intéressant de connaître une culture qui est si proche de la nôtre qu’on ne connaît pas beaucoup. »

- William Gill, jeune participant au programme

Du 7 au 20 juin prochain, les élèves pourront échanger via Facebook, Skype et même Snapchat avec de jeunes autochtones vivant dans des réserves. Ils pourront certainement en apprendre plus sur ceux qui forment 4,3% de la population canadienne. «Chaque jour durant la campagne on publiera un fait sur les autochtones. Ensuite on encourage les écoles à développer leurs propres moyens pour sensibiliser la population», explique Craig Kielburger.

L’école St-John’s va par exemple tenir un grand spectacle avec des étudiants des classes d’art dramatique. «On parle des problèmes aborigènes à notre école pour sensibiliser le public, mentionne l’un des instigateurs de la soirée, William Gill. Nos parents vont être là, presque toute l’école va venir nous voir. [Les étudiants] en arts plastiques vont aussi vendre des toiles.»

En se quittant, les jeunes pourront déjà lancer un des premiers mots appris durant la matinée, consacrée à bâtir des ponts entre les communautés : Meegwetch. Merci, en langue algonquine.

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Le dessinateur:

Pur hybride entre la bande dessinée et la street culture, Eldiablo (papa de la série Lascars) a été un un graffiti-artist de la première heure, membre d'un des collectifs les plus prolifiques et imaginatifs dans les années 80 et 90 (PCP-Petits Cons de Peintres) . Reconverti depuis dans l'écriture et la réalisation, il n'a jamais tout à fait lâché ni la bombe ni les pinceaux. Eldiablo est l’auteur de nombreuses BD dont Monkey Bizness, Un homme de goût, Rua Viva... Il raconte aussi en dessins depuis cette années ses péripéties de Français immigré à Montréal à travers la bande dessinée Wesh Caribou, dans la revue Fluide Glacial. Consultez ses oeuvres sur le web de même que sur Tumbr iciet ici.

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