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24/05/2016 10:45 EDT

Calèches à Montréal: les cochers ruent dans les brancards (VIDÉO/PHOTOS)

Les cochers de Montréal, qui intenteront un recours judiciaire contre le moratoire estival sur les calèches, ont manifesté devant l'hôtel de ville mardi, première journée d'application du moratoire.

La nouvelle de l'interdiction a terrassé Judy Waldon, porte-parole de la fondation de l'écurie urbaine Horse Palace. « Le 1er jour, j'étais sous le choc, a déclaré la Manitobaine d'origine. Le 2e, je ne faisais que pleurer. Je ne pouvais m'arrêter. C'est comme une mort dans la famille. »

Pour sa part Jack Fazio, cocher depuis 10 ans, se demande ce qui arrivera à ses collègues, ainsi qu'à son ami équin Maximus, « avec qui il passe 7 jours sur 7.« Qu'allons-nous faire : aller sur l'aide sociale, sur l'assurance-emploi? C'est notre gagne-pain », a-t-il relevé.

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Demande d'injonction

En entrevue à ICI RDI, le propriétaire de l'entreprise Les Calèches Lucky Luc, Luc Desparois, a indiqué qu'une demande d'injonction contre la Ville devrait être déposée aujourd'hui en prévision d'une comparution mercredi. « Mon avocat a travaillé toute la fin de semaine là-dessus », a-t-il déclaré.

Cochers et propriétaires de calèches dénoncent l'imposition d'un moratoire qui, avec une semaine d'avis, les prive de leur gagne-pain pour une saison complète. M. Desparois réfute d'ailleurs les arguments de sécurité invoqués par l'administration du maire Denis Coderre. « Il y a eu des inspections sans arrêt depuis des semaines. Les chevaux sont vérifiés et sont en santé parfaite », a-t-il fait valoir.

«C'est pour ça que je m'oppose à la réglementation de la Ville : parce qu'elle est injuste.» - Luc Desparois, propriétaire des Calèches Lucky Luc

Le maire Coderre a annoncé l'imposition d'un moratoire en attendant l'adoption d'une nouvelle réglementation sur les calèches, au printemps 2017. La fonction de cocher sera alors officialisée. De plus, un centre d'interprétation et des écuries seront créés pour assurer le bien-être des chevaux.

Quant à la sécurité des Montréalais, M. Desparois estime qu'elle n'est pas menacée par les calèches, malgré les événements survenus l'an dernier.

L'homme d'affaires, qui possède 25 chevaux, estime que la Ville lui voue une attention démesurée. Il se plaint d'avoir reçu neuf contraventions, dont six « pour des calèches qui sont sales » et une autre « pour un bracelet qui est tombé de la patte d'un cheval », des infractions qu'il juge anodines.

«Le monde s'est fait bourrer la tête que les pauvres chevaux se faisaient maganer.» - Luc Desparois, propriétaire des Calèches Lucky Luc

M. Desparois met au défi les autorités de trouver des irrégularités dans son écurie. « L'écurie suit toutes les normes nouvellement établies par la Ville », affirme-t-il. Il déplore les changements de réglementation qui lui ont causé des ennuis depuis ses débuts dans l'industrie, lorsqu'un ami lui a prêté de l'argent pour acheter son premier cheval.

Le propriétaire des calèches Lucky Luc soutient que toute la controverse est née sur la base de mensonges colportés par les médias. « Je me suis fait conseiller de ne pas parler, parce que ça allait se calmer, ajoute-t-il. Ce fut une erreur parce que ce sont des mensonges. »