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23/05/2016 19:24 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Vietnam: un activiste privé de rencontre avec Obama

Un avocat vietnamien a affirmé mardi avoir été empêché de participer à une rencontre avec le président américain Barack Obama, qui effectue sa première visite dans ce pays communiste.

M. Obama, qui est arrivé dimanche soir à Hanoï, devait rencontrer mardi matin des représentants de la société civile, dont des opposants au parti unique au pouvoir.

L'avocat Ha Huy Son, qui a défendu nombre de militants des droits de l'Homme, a expliqué avoir été invité à l'ambassade américaine, mais être dans l'impossibilité de s'y rendre.

"Des membres de la sécurité m'empêchent d'y aller. Ils disent que je peux aller où je veux, mais pas à l'ambassade", a-t-il expliqué à l'AFP.

Des militants ont par ailleurs affirmé sur les réseaux sociaux que deux figures de la dissidence vietnamienne, l'ancien banquier Nguyen Quang A et le blogueur Pham Doan Trang, avaient été interpellées. Aucun des deux n'était joignable par téléphone mardi matin et les autorités n'ont fait aucun commentaire.

Selon Ben Rhodes, proche conseiller du président, cette rencontre sera l'occasion pour M. Obama d'entendre "le point de vue et les inquiétudes de la société civile". La Maison Blanche n'a pas communiqué à l'avance la liste des personnes invitées.

Mai Khoi, pop star et militante prodémocratie, a indiqué sur Facebook qu'elle avait été sollicitée et se rendrait sur place.

Surnommée la Lady Gaga du Vietnam pour ses tenues excentriques et son franc-parler, elle dans le collimateur du régime depuis sa tentative de candidature pour les législatives qui ont eu lieu dimanche.

Une centaine de candidats indépendants avaient déposé un dossier mais les autorités ont invalidé leurs candidatures. La quasi-totalité des quelque 500 députés sont des hommes, membres du Parti communiste.

Lors de sa conférence de presse lundi, M. Obama a souligné les "désaccords" persistants entre Washington et Hanoï sur les droits de l'Homme et la démocratie.

"Nous respectons la souveraineté et l'indépendance du Vietnam. Mais nous continuerons à nous exprimer en faveur des droits de l'Homme que nous considérons comme universels", a-t-il ajouté, citant la liberté d'expression, la liberté de la presse ou encore la liberté de rassemblement.

"Je suis convaincu que les nations sont plus fortes quand ces droits universels sont respectés", a-t-il ajouté.

Après un discours sur l'évolution des relations entre les deux anciens pays ennemis, le président américain devait rejoindre mardi après-midi Hô-Chi-Minh-Ville (ex-Saïgon), véritable poumon économique du pays.

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