NOUVELLES
22/05/2016 23:23 EDT | Actualisé 23/05/2017 01:12 EDT

Roumanie: décès du principal suspect dans un scandale ayant ébranlé le système de santé

Le patron d'une société pharmaceutique, devenu la bête noire des Roumains après la découverte que les désinfectants qu'il livrait aux hôpitaux étaient fortement dilués, est mort dimanche soir dans un accident de la route, a annoncé lundi le Parquet.

Dan Condrea, 39 ans, actionnaire majoritaire de six compagnies dont Hexi Pharma, au coeur de ce scandale, roulait seul à bord d'une voiture qui a heurté de plein fouet un arbre, sur une petite route au nord de Bucarest.

Selon le service des urgences, il est mort sur le coup, alors que des témoins ont indiqué qu'il roulait à 150 ou 160 km/h.

"Selon mes informations, il devait être entendu aujourd'hui (lundi) au Parquet", a déclaré aux journalistes le procureur général Augustin Lazar, qui a laissé entendre que Condrea aurait pu être arrêté à la fin de cette audition.

Une enquête sur les circonstances de cet accident a été ouverte, a-t-il ajouté.

M. Condrea avait déjà été auditionné par les procureurs début mai. Plusieurs perquisitions avaient alors été menées à son domicile et aux sièges de ses sociétés.

Une enquête de presse, dont les conclusions ont par la suite été confirmées par le ministère de la Santé, avait révélé que la concentration des désinfectants livrés par Hexi Pharma était jusqu'à 4.000 fois inférieure au taux inscrit sur le prospectus.

Ces produits, totalement inefficaces, étaient livrés depuis des années à environ 300 hôpitaux à des prix excessifs.

Selon les analystes, cela explique le grand nombre d'infections, souvent fatales, contractées par les malades hospitalisés et qui sont généralement passées sous silence dans les statistiques officielles.

Lors d'un contrôle mené début mai, les autorités sanitaires avaient découvert des désinfectants non conformes dans une cinquantaine d'hôpitaux, dont neuf des plus grands établissements hospitaliers de Bucarest.

L'éclatement de ce scandale avait poussé le 9 mai à la démission du ministre de la Santé Patriciu Achimas Cadariu, qui avait tenté de minimiser la portée des irrégularités découvertes par les autorités sanitaires.

mr/jh