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23/05/2016 00:05 EDT | Actualisé 23/05/2017 01:12 EDT

Référendum au Tadjikistan: Rakhmon en position de briguer à vie la présidence

Le président tadjik Emomali Rakhmon est désormais en position de briguer à vie la présidence de son pays au lendemain d'un référendum où les électeurs tadjik ont, selon les résultats annoncés lundi par la Commission électorale centrale, plébiscité les amendements constitutionnels.

Selon la Commission électorale, 94,5% des électeurs se sont prononcé en faveur de 40 changements constitutionnels, tandis que 3,3% ont voté contre. Le taux de participation dans ce pays autoritaire d'Asie centrale a été de 92%, a précisé la commission.

Ces amendements visaient aussi à baisser l'âge minimum requis pour un candidat à l'élection présidentielle de 35 à 30 ans, ainsi qu'à interdire des partis politiques à caractère religieux.

Emomali Rakhmon, 63 ans, a été élu président en 1994. Il est accusé par ses détracteurs de ne pas respecter les libertés religieuses et le pluralisme politique.

Les habitants de Douchanbé paraissaient soutenir leur président, qui a fait sortir le Tadjikistan d'une guerre civile de cinq ans ayant débuté en 1992, moins d'un an après l'indépendance.

"Rakhmon nous a apporté la paix, il a mis fin à la guerre et il devrait diriger le pays aussi longtemps qu'il en a la force", a déclaré à l'AFP Nazir Saïdzoda, 53 ans.

La possibilité de briguer un nombre illimité de mandats s'appliquerait uniquement à M. Rakhmon en raison du statut particulier de "dirigeant de la nation" qui lui a été attribué l'année dernière par le Parlement et lui confère aussi, ainsi qu'à sa famille, l'immunité pénale.

L'abaissement de l'âge minimal pour être élu président pourrait faciliter l'avènement de Roustam, fils d'Emomali Rakhmon âgé de 28 ans, comme successeur de son père à la présidence.

L'interdiction de former des partis religieux intervient alors qu'un procès en cours vise les dirigeants du Parti islamique de la renaissance du Tadjikistan (IRPT), considéré comme modéré mais qualifié l'an passé de groupe terroriste par le gouvernement.

L'association Reporters sans Frontières (RSF) a déclaré samedi que le gouvernement avait "bloqué", "intimidé" et "menacé" les médias indépendants pendant la période précédant le référendum.

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