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23/05/2016 07:28 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Perquisition au Sénat français dans une enquête sur des détournements au profit d'élus de droite

Une perquisition a été menée lundi au Sénat français dans une enquête sur des soupçons de détournements de fonds publics au profit de sénateurs du parti de droite de l'ancien président Nicolas Sarkozy, ont indiqué des sources proches de l'enquête.

Des juges financiers enquêtent depuis novembre 2013 sur des faits présumés d'abus de confiance et de détournement de fonds publics.

Les perquisitions à la chambre haute, visant notamment à recueillir des documents comptables, ont été conduites par la police judiciaire parisienne, selon l'une des sources.

"Nous avons reçu ce matin une visite du juge d'instruction" qui "s'est présenté pour avoir des documents comptables", a confirmé à l'AFP une source au sein du groupe des Républicains, le parti présidé par M. Sarkozy. Les "documents concernés" ont été remis à la justice, a-t-elle précisé.

Selon des sources concordantes, la perquisition portait sur l'Union républicaine du Sénat (URS), une association sénatoriale qui recevait des financements du groupe UMP (l'ancien nom du parti Les Républicains, ndlr) et dont l'ex-secrétaire général, François Thual, a été inculpé en juillet 2015 pour détournement de fonds publics.

En novembre 2014, ce dernier avait dit au quotidien Le Monde: "Jusqu'à cet été, j'allais tous les mois, ou presque, retirer entre 5.000 et 6.000 euros en liquide de l'un des comptes de l'URS, et je le remettais au trésorier du groupe UMP du Sénat, Jean-Claude Carle."

"J'agissais sur demande. On m'indiquait le montant à débiter au téléphone. Je me rendais" à la banque, "je récupérais les espèces, glissais les billets dans ma poche et je rentrais en taxi au Sénat", détaillait-il. "Ils avaient besoin de liquide car les sénateurs avaient des frais, m'expliquait-on au téléphone", affirmait-il.

"C'est tout à fait faux. M. Thual ne m'a jamais rien remis", avait alors réagi le trésorier Jean-Claude Carle auprès de l'AFP.

L'enquête porte également sur des fonds perçus par le sénateur de droite Henri de Raincourt, y compris lorsqu'il était ministre pendant le mandat de Nicolas Sarkozy (2007-2012).

L'ancien ministre de la Coopération avait admis avoir perçu 4.000 euros par mois versés depuis un compte au nom de son groupe politique. Il avait évoqué "des aides et des soutiens pour une activité parlementaire", expliquant que les sommes reçues lorsqu'il était ministre, de 2010 à 2012, correspondaient à une activité antérieure.

En mai 2014, le groupe Les Républicains avait démenti "formellement tout détournement de fonds publics".

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