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22/05/2016 20:47 EDT | Actualisé 23/05/2017 01:12 EDT

Obama à Hanoï pour "renforcer les liens", la Chine dans tous les esprits

Le président américain Barack Obama a rencontré lundi les dirigeants vietnamiens, au premier jour d'une visite censée "renforcer les liens" et marquer la volonté de Washington d'envoyer un signal au puissant voisin chinois.

"Notre venue est le symbole du renforcement des liens que nous avons tissés au cours des dernières décennies", a déclaré M. Obama lors d'une rencontre avec le président vietnamien Tran Dai Quang.

Pays de 90 millions d'habitants au rythme de croissance soutenu, le Vietnam mise énormément sur l'accord de libre-échange transpacifique (TPP), scellé entre 12 pays, dont les Etats-Unis et le Japon mais pas la Chine, dont M. Obama espère la ratification avant son départ début 2017.

Dans la foisonnante capitale vietnamienne, cette première visite de M. Obama - la troisième d'un président américain depuis la fin de la guerre en 1975 - suscitait de vives attentes.

"Je n'étais pas né à l'époque de la guerre. Pour moi, la guerre américaine contre le Vietnam c'est du passé", affirme Doan Quang Vinh, 25 ans. "Nous devrions nous tourner vers l'avenir".

"J'ai entendu beaucoup de choses le concernant et j'admire ce qu'il a fait, il est un peu comme notre Oncle Ho!", lance en riant Thuy Tien, jeune femme de 19 ans, en référence à Ho Chi Minh, fondateur du Parti communiste vietnamien (PCV), dont le corps embaumé est exposé dans un mausolée.

La visite de M. Obama intervient à un moment où l'image de l'Amérique est particulièrement bonne dans ce pays d'Asie du Sud-Est. Selon une étude réalisée l'an dernier par le Pew Research Centre, 78% des Vietnamiens ont une opinion favorable des Etats-Unis, et ce chiffre est encore plus élevé parmi les jeunes.

Après sa rencontre, puis une conférence de presse commune, avec le président Tran Dai Quang, poste important mais plutôt protocolaire, M. Obama retrouvera notamment le puissant numéro 1 du PCV, Nguyen Phu Trong.

Il avait reçu ce dernier il y a un peu moins d'un an dans le Bureau ovale, une grande première quelque 40 ans après la chute de Saïgon.

Soucieuse de ne pas laisser Pékin écrire les "règles du jeu" des échanges commerciaux dans la région, l'administration Obama défend bec et ongles le TPP.

Celui-ci se heurte cependant à l'opposition d'une partie des élus, qui redoutent qu'il ne se traduise par des pertes d'emplois sur le territoire américain.

Seul pays communiste à figurer parmi les signataires, le Vietnam, où la classe moyenne devrait doubler entre 2014 et 2020, devrait être l'un des grands bénéficiaires du texte.

- 'Sosie' vietnamien d'Obama -

Autre point de convergence entre Washington et Hanoï: la volonté de renforcer leur coopération en matière de sécurité face aux ambitions de Pékin, qui a de nombreux différends territoriaux en mer de Chine méridionale avec ses voisins d'Asie du Sud-Est, notamment le Vietnam.

En 2014, Pékin avait installé une plate-forme pétrolière dans les eaux maritimes revendiquées par Hanoï, provoquant des émeutes meurtrières anti-chinoises au Vietnam. La plate-forme a été retirée quelques mois plus tard.

"Il existe toujours une certaine méfiance (vis-à-vis de Washington) au sein de l'élite vietnamienne, mais l'affirmation croissante de Pékin en Mer de Chine méridionale a vraiment fait évoluer les mentalités et poussé à un rapprochement plus rapide avec les Etats-Unis", souligne Murray Hiebert, analyste au Center for Strategic and International Studies.

Affichant sa volonté d'envoyer un signal à Pékin, mais aussi de moderniser son armée et de réduire sa dépendance aux armes russes, le régime vietnamien avance - prudemment mais sûrement - avec Washington. Le pays espère une levée de l'embargo sur les ventes d'armes américaines.

L'exécutif américain, qui a toujours lié cette décision à des progrès sur la question des libertés individuelles, n'a pas dévoilé ses intentions.

Les deux pays ont affirmé dimanche leur volonté commune de mettre en place l'accord mondial sur le climat conclu à Paris en décembre et de tenir leurs objectifs respectifs "dans la transparence".

Discours retransmis mardi en direct à la télévision nationale, rencontre mercredi avec des jeunes Vietnamiens à Hô-Chi-Minh-Ville (ex-Saïgon): Barack Obama affiche sa volonté de multiplier les échanges lors de cette visite de trois jours.

Hoang Bao Khanh, coiffeur de 61 ans, a fièrement affiché une photo du président américain à l'extérieur de sa boutique, dans le centre de Hanoï.

"Lorsqu'il a pris ses fonctions après sa première élection, plusieurs clients m'ont dit que je lui ressemblais. Et, à vrai dire, je trouve aussi qu'il y a quelque chose !", raconte le sexagénaire qui rêve de rencontrer son "sosie" américain.

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