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23/05/2016 02:25 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Le Brexit, la banane et la bouilloire

Il y l'aspirateur, la bouilloire, et surtout la banane, dont la courbure serait réglementée de manière très stricte par Bruxelles: au coeur de la campagne du référendum, ces symboles sont agités par les pro-Brexit comme autant d'incarnations de l'ingérence des technocrates européens.

La banane, mythe persistant

"Donc êtes-vous d'accord avec cette norme européenne qui régit la façon dont les commerçants doivent vendre les bananes?". Le tweet, publié mardi par @Vote_Leave, le compte de la campagne officielle pro-Brexit, est l'un des derniers d'une longue série consacrée au fruit jaune chez les eurosceptiques.

Une semaine plus tôt, l'ex-maire de Londres Boris Johnson s'étranglait, jugeant "absolument fou que l'Union européenne nous dise (...) quelle forme doivent avoir nos bananes".

En réalité, l'UE n'interdit pas précisément la vente de bananes trop -ou pas suffisamment - courbées, et encore moins la vente de grappes comportant "plus de deux ou trois" fruits, comme l'a prétendu Boris Johnson, aussitôt raillé sur les réseaux sociaux.

Comme le rappelle le Guardian, "les bananes ont toujours été classées pour le commerce mondial en fonction de leur qualité et de leur taille. Mais parce que ces normes, décidées par différents gouvernements et industriels, portaient à confusion, il a été demandé à la Commission européenne d'édicter de nouvelles règles".

Ainsi, si le règlement 2257/94 de la Commission indique que, de manière générale, les bananes vendues dans l'UE doivent être "exemptes de malformations et de courbure anormale", les bananes classées dans la catégorie 2 peuvent présenter des "défauts de forme".

Peur sur l'électroménager

Autre cheval de bataille des eurosceptiques, l'électroménager, victime selon eux des règles européennes visant à réduire la consommation d'énergie.

"L'Union européenne s'est arrogée le contrôle de vos appareils ménagers. Elle a banni les aspirateurs les plus puissants. Bruxelles prévoit aussi de rendre illégaux les grille-pains et bouilloires britanniques (...). Si nous votons pour le maintien dans l'UE, des bureaucrates non élus continueront de décider quels appareils vous pouvez utiliser", s'insurge sur son site internet Vote Leave.

Il y a deux semaines, le tabloïd Daily Express (conservateur) titrait en une, en lettres capitales: "L'UE veut désormais interdire nos bouilloires".

La réalité, là aussi, est plus complexe. A compter de 2017, Bruxelles doit en effet demander aux fabricants d'aspirateurs de ne pas dépasser 900 watts, contre 1.600 aujourd'hui.

Pour autant, "aucune décision n'a été prise - ou n'est programmée - quant à l'édiction de nouvelles règles pour les bouilloires ou les grille-pains", qu'ils soient fabriqués en Angleterre ou ailleurs, écrivait la semaine dernière la Commission européenne dans la rubrique "Eurythermes" ("Mythes européens") de son site.

Pour le quotidien conservateur The Daily Telegraph, cela ne serait toutefois tarder: Bruxelles, soucieuse à l'approche du référendum de ne pas irriter outre-Manche, attendrait le 23 juin pour avancer sur le dossier.

Ballons gonflables

Dans un article recensant les conséquences positives et négatives qui découleraient d'un éventuel Brexit, le quotidien Evening Standard voit, lui, un autre avantage à une sortie de l'UE: les enfants de moins de huit ans auront désormais le loisir de gonfler des ballons sans la surveillance de leurs parents.

Mais là encore, l'assertion du quotidien londonien a déjà été partiellement démentie par Bruxelles. La Commission européenne n'interdit pas aux enfants de gonfler des ballons seuls, elle "recommande" simplement, pour éviter tout risque d'étouffements, la supervision d'un adulte, précise-t-elle.

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