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23/05/2016 12:35 EDT | Actualisé 23/05/2016 12:35 EDT

La sécurité de Netanyahu veut faire déshabiller un photographe, la presse s'indigne

GALI TIBBON via Getty Images
Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu opens the weekly cabinet meeting at his Jerusalem office on February 7, 2016. / AFP / POOL / Gali TIBBON (Photo credit should read GALI TIBBON/AFP/Getty Images)

L'Association de la presse étrangère (FPA) en Israël a protesté lundi contre le traitement par la sécurité du Premier ministre d'un photographe auquel il a été demandé de se déshabiller avant de couvrir la rencontre entre Benjamin Netanyahu et son homologue français.

Le journaliste ayant refusé de retirer ses vêtements et été interdit d'accès, les agences de presse étrangères se sont retrouvées sans photos indépendantes de l'évènement.

Les agences membres de la FPA, dont l'Agence France-Presse, ont refusé par solidarité et en forme de protestation d'utiliser les photos qui auraient été mises à leur disposition par le bureau de presse du gouvernement.

Atef Safadi, photographe "établi et respecté" travaillant pour l'agence EPA (l'agence européenne de photographie de presse), avait été choisi pour assurer le "pool" photo de la rencontre, c'est-à-dire photographier l'évènement et redistribuer ensuite au reste de la profession, afin d'éviter une trop forte affluence de journalistes.

"La FPA est choquée et déçue d'apprendre qu'une nouvelle fois on a demandé à un photographe couvrant un évènement avec le Premier ministre de se prêter à un contrôle de sécurité humiliant avant d'être autorisé à entrer", a rapporté l'association.

Il n'y a donc pas eu d'accès journalistique indépendant pour les médias étrangers, a souligné l'association.

Celle-ci "appelle une nouvelle fois les agences de sécurité à respecter en de telles occasions le droit des journalistes accrédités auprès du gouvernement israélien à exercer leur métier, sans exiger leur soumission à des inspections intimes dégradantes".

Une demande comme celle faite à M. Safadi n'est pas exceptionnelle. Les journalistes familiers de ces évènements rapportent qu'il est régulièrement demandé à certains de retirer leurs vêtements pour procéder à un contrôle. La sécurité se heurte souvent au refus des journalistes, forcés de repartir.

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