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23/05/2016 01:33 EDT | Actualisé 24/05/2017 01:12 EDT

Initiative de paix: Valls se heurte d'emblée à la résistance israélienne

Le Premier ministre français Manuel Valls s'est heurté lundi d'emblée à la résistance israélienne à l'initiative de Paris pour relancer l'effort de paix moribond avec les Palestiniens, avant même de rencontrer le plus farouche adversaire du projet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Avant d'être reçu par M. Netanyahu vers 12H30 (09H30 GMT), M. Valls a rencontré le président Reuven Rivlin.

Passé les civilités sur l'aide "extraordinaire" apportée par la France à la création d'Israël et l'hommage rendu à M. Valls comme à un "ami véritable d'Israël", M. Rivlin a donné au Premier ministre un avant-goût de ce qui l'attendait avec M. Netanyahu.

"Le peuple d'Israël ne remet certainement pas en doute ou en cause votre bonne volonté", a dit le président, "mais nous craignons vivement qu'amener la discussion sur ce conflit (israélo-palestinien) dans l'arène internationale ne fera qu'inciter les Palestiniens, le président Abbas, à éviter des négociations directes avec nous, qui sont la seule possibilité d'arriver à une solution de paix véritable".

Les Français savaient déjà que M. Valls allait au-devant de fortes résistances quand il rencontrerait M. Netanyahu après être allé se recueillir sur les tombes des victimes juives des attentats en France.

"On peut être certain de la sincérité de la France et de sa volonté désintéressée et modeste de tout faire pour aider Israël et la Palestine à trouver le chemin de la paix", a dit M. Valls devant M. Rivlin.

M. Netanyahu n'a cessé d'attaquer le projet français de réunir une conférence internationale de paix. Il ne l'a même pas mentionné dimanche à l'occasion d'entretiens avec le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka. Au contraire, il a évoqué, en termes allusifs, des "initiatives" régionales impliquant les pays arabes.

Le soutien palestinien, lui, est acquis à Paris.

"Je suis très lucide sur la situation", a dit M. Valls à des journalistes lundi matin, "nous ne sommes pas avant (les accords de paix d')Oslo. La colonisation, en plus, elle s'est déployée. Il y a le mur" de séparation israélien d'avec la Cisjordanie.

Depuis le début de sa visite, M. Valls s'est employé à surmonter les réticences israéliennes et a multiplié les gestes symboliques et les gages d'amitié, y compris personnelle, envers Israël, tout en répétant que "la colonisation doit cesser".

- 'Problème de coordination' -

"Je rappellerai à Benjamin Netanyahu que cette initiative n'est pas contre Israël", mais au contraire, dans son intérêt comme dans celui des Palestiniens, a dit M. Valls lundi.

Il a à nouveau évoqué les motivations françaises: recréer une dynamique autour d'une "solution à deux Etats" israélien et palestinien coexistant en paix, et mettre fin à un dangereux statu quo qui menace de dégénérer en une nouvelle escalade dans une région déjà en proie au tumulte.

Après une réunion préparatoire le 3 juin sans Israéliens ni Palestiniens, Paris espère réunir à l'automne une grande conférence en leur présence.

Israël est foncièrement opposé aux conférences internationales. Pour M. Netanyahu, Israéliens et Palestiniens doivent faire la paix lors de négociations bilatérales. Les Palestiniens disent avoir assez sacrifié à l'exercice, en vain.

Israël s'est emparé du vote mi-avril par la France d'une résolution controversée de l'Unesco sur Jérusalem, dans laquelle des lieux sacrés juifs sont seulement désignés sous leur nom arabe ou entre guillemets. Le chef de la diplomatie française et prédécesseur de M. Valls, Jean-Marc Ayrault, avaient été reçus très fraîchement par M. Netanyahu il y a huit jours.

M. Valls a admis un "problème de coordination" française à ce sujet, mais a assuré que la querelle était "derrière nous".

Nouvelle source de complication cependant: M. Netanyahu semble en passe de faire entrer dans son gouvernement l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, figure détestée des Palestiniens, au ministère clé de la Défense.

M. Valls a entamé cette deuxième journée marathon en Israël sous le signe de la mémoire. Kippa noire sur la tête, il s'est recueilli à Jérusalem sur les tombes des victimes d'actes antisémites en France: Ilan Halimi, les victimes du tueur jihadiste de Toulouse Mohamed Merah, ainsi que les victimes de la prise d'otages meurtrière de l'Hypercacher à Paris en janvier 2015. Il a ensuite ranimé au mémorial Yad Vashem la flamme en souvenir des quelque six millions de juifs exterminés durant la Seconde Guerre mondiale.

Après le déjeuner avec M. Netanyahu, M. Valls se rendre dans les territoires palestiniens.

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